SUR LE JUGEMENT DE LOUIS XVI. 3ü3
l’ouverture du tribunal, la question de savoir si etpar qui le jugement pourra être modifié.
Telles ont été mes réflexions sur un objet qu’il étaitdans l’ordre des choses humaines que la philosophiepût traiter une fois d’après les principes de la jus-tice, et avec le sentiment d’une froide impartialité.
Depuis longtemps les rois ne sont que des hommesaux yeux de la raison ; et le temps approche où ilsne seront aussi que des hommes aux yeux de lapolitique.
Mais le moment où les préjugés qui environnaientles trônes achèvent de disparaître, et où cependantl’influence des rois sur les destinées des peu-ples subsiste encore, doit être aussi le seul où ilsoit enfin possible, et où il soit encore utile de dé-velopper les droits qu’ont les peuples sur ces êtresentourés par l’erreur et la bassesse des fantômes detoutes les superstitions.
C’est quand il n’y aura plus en Europe qu’un seulroi à juger, que son procès, devenu une cause ordi-naire, ne méritera plus de fixer les regards desnations.