LETTRE
DE
JUNIUS A WILLIAM PUT (l)
Qu’importe à un homme de bon sens les mani-festes des rois contre d’autres rois? Ils s’y accusentréciproquement d’avidité, d’injustice et de perfidie,et on n’a pas besoin de les lire pour savoir qu’ils onttous raison; mais celui que vous venez de publier,pour ou contre la nation française, a excité ma curio-sité. C’est une chose si rare qu’un ministre fassemême semblant de défendre les droits du genre hu-main ! et j’ai voulu voir si vous aviez rempli ce rôledifficile avec probité ou avec adresse.
Je laisse à ceux que vous attaquez le soin de ré-pondre au noir de vos pages ; c’est du blanc seul queje veux parler. L’abbé Galiani prétendait que c’est
(i) Dans un moment où les jacobins ont mis à l’ordre du jourla discussion des vices, non de la nation anglaise, mais de songouvernement, nous croyons que l’écrit suivant, que nous savonsavoir été composé par un Anglais, ne contribuera pas peu à jeterdes lumières sur cette question. On peut le regarder comme uneréponse au manifeste de Pitt : ou verra que les Anglais sont loinde partager les vues et les sentiments dont Pitt est l’âme enversla nation française.
XII.
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