Band 
Tome douzième.
Seite
329
JPEG-Download
 

A WILLIAM PITï.

3ag

c’est-à-dire, qu’il a existé parmi eux des hommes fé-roces et sanguinaires, des ambitieux avides, des tar-tufes de patriotisme; c’est-à-dire, que des traîtres,des ennemis du talent et de la vertu, des ennemisde la félicité publique ont quelquefois égaré cepeuple, et peut-être ses législateurs; mais croyez-vous que, pour reprendre ses droits, un peuple soitobligé d’attendre qu’il ne renferme plus dans sonsein d’hommes corrompus, qu’il soit entièrementcomposé d’hommes vertueux? Oseriez-vous dire quevous n’avez pas vous-même contribué, par votre or,par vos intrigues, à multiplier, à perpétuer cesexcès, ces désordres, ces crimes contre lesquels vousvous élevez avec une hypocrite humanité? Savez-vous que les Français commencent à percer le qua-druple masque du machiavélisme royal dont, je nesais trop pourquoi, vous vous êtes fait le représen-tant? Bientôt, derrière tous ces partis qui ont dé-chiré, qui ont ensanglanté la France, on pourramontrer l’instigateur étranger qui, souvent même àleur insu, excitait ou dirigeait leurs fureurs, et nom-mer la main cachée qui désignait, qui frappait lesvictimes.

Mais si les excès commis par quelques Françaisexcitent votre indignation, au point d’armer l’Eu-rope contre leur patrie, comment pouvez-vous res-ter l’allié de ce roi de Hongrie, qui, du fond de sonpalais, ordonne si lâchement à ses hordes d’assas-sins sauvages, l’incendie, le meurtre, les mutilations,les tortures, et tout ce que l’ivresse du sang a jamaisinspiré de plus atroce à des brigands ou à des rois?