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Tome douzième.
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LETTRE DE JUNIUS

plus grande, chez une nation puissante et très-voi-sine, déconcerte vos projets. Ce n’est pas la libertéturbulente des Français, qui déchire votre âme phi-lanthropique; c’est l’obstination du peuple anglais àgarder sa demi-liberté, qui fatigue votre tête hano-vrienne.

Mettez-vous au nombre de vos griefs contre lanation française, ou contre ses législateurs, les ou-vrages, les discours de quelques individus? Mais,pourquoi un Français se rendrait-il coupable en ap-pelant à la vraie liberté les Anglais, les Bataves, lesSuisses, les Allemands, les Espagnols, etc., tandis quevotre soudoyé, votre ami Ëurke, pourrait inno-cemment conseiller aux Français l’asservissement àun roi, la conservation d’une hypocrisie nationale,et la galanterie envers les reines, comme les seulsmoyens d’avoir des mœurs et de la vertu ? Cette pré-dilection pour les prédicateurs de l’esclavage; la per-sécution que vous avez suscitée contre l’auteur desdroits de l’homme , et que vous avez étendue au delàdes limites anglaises; votre zèle trinitaire pour fairebrûler les manuscrits, les livres et jusqu’aux machinesde l’unitaire Priestley; tout cela n’annonce-t-il pasl’embarras d’un homme qui, chargé d’exécuter uncrime secret, s’irrite de n’avoir pu briser ou infu-mer tous les réverbères ?

I^a révolution française a certainement été beau-coup plus sanglante qu’il n’eût été à désirer pour lebonheur et le prompt affranchissement de l’huma-nité. Les Français ont, quelquefois, souillé leursvictoires par des vexations, par des brigandages;