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Tome douzième.
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338 EXPOSITION DES PRINCIPES ET DES MOTTES

Angleterre, où cette unité n’est interrompue que parles divisions de territoire nécessaires à l’exercice ré-gulier des pouvoirs, jusqu’à la confédération helvé-tique, où des républiques indépendantes ne sontunies que par des traités, et uniquement destinés àleur assurer l’avantage d’une défense mutuelle, onpeut imaginer une foule de constitutions diverses,qui, placées entre ces deux extrêmes, se rapproche-raient davantage ou de l’unité absolue ou d’unesimple fédération.

La disposition du territoire français, dont lesparties rapprochées entre elles ne sont séparées paraucun obstacle naturel (i); les rapports multipliés,établis dès longtemps entre les habitants de ces di-verses parties; les obligations communes qu’ils ontcontractées; la longue habitude d’être régis par unpouvoir unique; cette distribution de propriétés dechaque province entre des hommes qui les habitenttoutes; cette réunion dans chacune, d’hommçs nésdans toutes les autres; tout semble destiner la Franceà l’unité.la plus entière.

La nécessité de pouvoir employer avec activité lesforces du tout à la défense de chaque frontière; ladifficulté d’y faire concourir, avec un zèle égal, lesportions fédérées qui, enfoncées dans l’intérieur,n’auraient point d’ennemis à craindre, ou celles qui

(i) En supposant à une surface égale à celle de la France unefigure circulaire, celle de toutes où la distance la plus grande,entre deux points du contour, est la plus petite possible, cettedistance serait encore de plus de cent quatre-vingts lieues; et enFrance elle n’est guère que d’environ deux cent quarante lieues.