344 EXPOSITION DES PRINCIPES ET DES MOTIFS
discuter librement dans des sociétés privées. L’ob-jection, qu’alors les citoyens n’ont pu prendre partà la totalité de la discussion, que tous n’ont pu êtreentendus de tous, ne peut, avoir aucune force.
il n’est point nécessaire, pour décider en connais-sance de cause, d’avoir lu ou entendu , sur chaqueobjet, tout ce que les hommes chargés de cette mêmedécision ont pu penser; il n’est pas nécessaire de lesavoir entendus de préférence à d’autres qui auraientpu répandre plus de lumières; il suffit de n’avoirété privé d’aucun moyen d’instruction, et d’avoir pules employer librement : c’est à chaque individuqu’il appartient de choisir la méthode de s’éclairer quilui convient le plus, de proportionner l’étude qu’ilest obligé de faire sur une question à ses lumières,à la force de son intelligence. Et certes, l’expériencea prouvé queles hommes qui voudraient avoir lu toutce qui a pu être écrit sur un objet, écouter tout cequi pourrait avoir été dit, finiraient par se rendreincapables de décider.
Mais pour former un vœu général du vœu parti-culier de plusieurs assemblées isolées, iljest nécessaireque ce vœu tombe sur une question irrévocablementposée : et personne n’ignore à quel point la manièrede poser une question peut influer sur le résultat desdécisions.
L’on doit donc regarder comme illusoire le droitde décision, laissé à des assemblées séparées toutesles fois que la forme sous laquelle cette décision leurest demandée peut influer sur leur vœu , ou mêmele déterminer en quelque sorte. Cette méthode de