4o8 EXPOSITION DES PRINCIPES ET DES MOTIES
Sans doute, le moment d’une telle réforme seraitcelui d’une commotion intérieure, si tout à coupon voyait s’élever un corps de représentants, revêtusdes pouvoirs réunis de faire des lois' et de présenterun plan de constitution, puisque cette accumula-tion d’autorité lui donnerait l’idée de se mettred’avance au-dessus de cette constitution qu’il vachanger.
Mais on évitera cet inconvénient en laissant tousles pouvoirs subsister sous leur forme ancienne,jusqu’au moment où la constitution nouvelle auraitété acceptée, en chargeant du soin de la rédiger etde la présenter au peuple, une assemblée moinsnombreuse, tenant nécessairement ses séances dansune autre résidence , élue pour cette seule fonction,et n’en pouvant exercer aucune autre. Des limitesainsi posées ne peuvent être transgressées. La fonc-tion purement théorique d’examiner une constitu-tion, de la réformer, pour la présenter à une ac-ceptation avant laquelle cette constitution n’est en-core qu’un ouvrage de philosophie, n’a rien decommun, rien qui puisse se confondre avec lafonction active de faire des lois de détail provisoire-ment obligatoires, et de prendre des mesures d’ad-ministration générales, immédiatement exécutées.
Si la constitution d’un peuple a pour principel’équilibre de pouvoirs vicieux qui se combattent ouse coalisent entre eux; si elle donne à diverses classesde citoyens des prérogatives qui doivent se balancermutuellement ; si elle établit des pouvoirs longtempsconfiés aux mêmes hommes; si elle crée des corps