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Tome douzième.
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5a4 LA NATION FRANÇAISE

garder le pacte de famille , d’après ses dispositionset son titre même, comme une conspiration de roisqui ne pouvait lier les peuples.

Cependant le cabinet de Madrid parut un momentavoir changé de principes. L’expectative du trôneconstitutionnel, réservée par l’acte même qui l’avaitétabli, pouvait mériter quelques ménagements.

Mais après la destruction de la royauté, ils n’ontplus été employés que pour cacher les préparatifsdirigés contre nous. Ces préparatifs, les outrages queles Français ont essuyés en Espagne, et que son gou-vernement a ordonnés ou refusé de réparer; laperfidie avec laquelle il a excité ou prolongé les trou-bles de Saint-Domingue; le refus enfin de recon-naître la République française , tout nous dit qu’enprévenant une attaque perfide nous ne ferons qu’u-ser du droit d’une défense légitime, et opposer la con-duite franche d’un peuple libre, au machiavélismed’une cour despotique.

Espagnols, quels prétextes alléguera votre roi envous ordonnant de combattre vos alliés les plus fi-dèles? Il veut venger la mort de Louis.

C’est donc pour défendre les crimes des rois con-tre la justice des peuples; c’est pour les intérêts d’unefamille étrangère, que votre sang va couler encore.Les maisons d’Autriche et de Bourbon , à qui uneaveugle destinée vous a livrés, ne l’ont-elles pasassez prodigué depuis trois siècles, et vous seront-elles aussi funestes par leur union que par leurlongue rivalité?

C’est au nom de Dieu qu’on vous excite à com-