Band 
Tome douzième.
Seite
523
JPEG-Download
 

A TOUS LES PEUPLES.

5a3

Alléguera-t-on contre la France l’occupation desPays-Bas? Mais de quel droit exigerait-on qu’ellerespectât un territoire soumis à l’Autriche, lorsquel’Autriche a envahi le sien ? De quel droit exigerait-onqu’elle laissât ces provinces offrir aux armées de sesennemis un asile inviolable?

Pourquoi la nation indépendante des Belges n’au-rait-elle pas le droit de briser le joug autrichien?L’Angleterre ne l’a-t—elle pas reconnu dans la nationbatave, qui l’a exercé avec tant de gloire? Les peu-ples n’auraient-ils donc que le droit de changer deprince, et non celui de n’en vouloir aucun? Est-cedans le code de la nature, ou dans les intérêts deleur ambition, que les maisons de Brunswick et deNassau ont trouvé ces principes du nouveau droitpublic qu’elles veulent établir par la guerre?

Pourquoi le peuple souverain de la Belgique, pour-quoi les Français, ses défenseurs, n’auraient-ils pasle libre usage des fleuves que la nature a forméspour les besoins des hommes , et non pour l’orgueilde quelques sénats, ou l’avidité de quelques com-merçants? Et comment les honteux traités souscritspar la maison d’Autriche dans sa haine contre laFrance, pourraient-ils obliger à la fois et les Fran-çais et les Belges?

Pendant longtemps l’Espagne n’a caché ni sa hainecontre notre liberté, ni son intention d’aider l’Au-triche et la Prusse à la détruire, oubliant avec quellegénérosité la nation française avait armé pour sadéfense, au milieu des orages de la révolution; lors-que tant de motifs semblaient nous autoriser à re-