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Tome douzième.
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LA NATION FRANÇAISE

Ainsi, forcés de vous combattre, c’est votre libertéque nous défendrons contre vous-mêmes; les pré-tendus intérêts nationaux, source de tant de guerres,ont disparu à nos yeux devant l’intérêt sacré de laliberté universelle du genre humain, et il n’existeen quelque sorte, pour nous, que deux nations,celle des hommes libres et celle des esclaves volon-taires.

Peuples, voilà nos principes et notre conduite.Comparez-les aux principes et à la conduite de vosgouvernements, et jugez entre eux et nous.

Vos intérêts sont les nôtres. Si l’on attaque notreliberté, c’est pour porter à la vôtre des coups plussûrs; si l’on insulte nos droits, c’est qu’on craintque vous ne vouliez les partager; et c’est à voussurtout que vos gouvernements font la guerre. Nosyeux se sont ouverts; notre raison, notre volonté,ne peuvent être subjuguées par la force; on peutnous vaincre: Rome a vu plus d’une fois ses ennemisà ses portes; mais on ne peut nous asservir. Vous,au contraire, si vous rejetez la lumière qui s’offre àvous , vos tyrans, revenus de leur première terreur,trouveront bientôt les moyens de prolonger pourvous les ténèbres de la servitude.

Nous répandons notre sang; mais la liberté doiten être la récompense; el quand vous versez le vô-tre, c’est pour appesantir vos fers, c’est pour vouspriver de l’appui qui vous aiderait à les briser. Lessacrifices que l’intérêt public exige de chacun denous, il les fait pour lui-même : la conservation deses droits est un prix au-dessus de ses pertes. Mais