53:ï SUR LA. NÉCESSITÉ d'ÉTABLIR EN FRANCE
la nécessité non moins pressante d’établir une cons-titution, et de céder la place à une nouvelle assem-blée de représentants.
Un jour qu’on discutait celte question, Cromwell,qui sentait qu’elle allait bientôt se terminer, chassases collègues au nom de Dieu, et prit pour prétextequ’ils voulaient se perpétuer, quoiqu’ils s’occupassentalors de se dissoudre. Ue peuple le crut, parce queles lenteurs du parlement donnaient à ce mensongeune apparence de vérité. Cromwell imagina de subs-tituer aux représentants de la nation, des notablesqu’il appela des diverses parties de l’Angleterre. Cesnotables eurent encore la manie de faire une cons-titution, et de réformer la justice, ce qui valut àCromwell l’appui des gens de loi. Alors il prit le partide chasser cette nouvelle assemblée, que la néces-sité de ne pas scandaliser le peuple par de tropmauvais choix, l’avait empêché de trop mal com-poser.
Ses partisans, après avoir écarté leurs collèguespar la force, présentèrent une constitution à leurmanière, qui faisait de Cromwell un roi sous le nomde Protecteur, et plaçait à côté de lui une représen-tation nationale. Le peuple avait besoin de ce fan-tôme, et il fallut bien le lui donner.
On avait pris toutes les précautions pour quemylord Protecteur eût le temps de bien préparer lesélections : le projet était adroitement combiné pourque le peuple pût encore se croire libre, que la formerépublicaine parut conservée, et que cependant toutle pouvoir résidât dans les mains de Cromwell.