Band 
Tome douzième.
Seite
551
JPEG-Download
 

DE LEU IIS REPRÉSENTANTS.

551

lat dans des circonstances orageuses et difficiles.

Or, il est aisé de voir que de tels moyens perdenttoute leur force dès l’instant où il existe une cons-titution adoptée par le peuple, où tous les pouvoirsagissent suivant le mode qu’elle leur a fixé, et restent,dans les limites qu’elle leur a données.

Une constitution nous est nécessaire encore, sinous voulons opposer des alliés à la ligue forméecontre nous. Cette ligue, en menaçant notre indé-pendance, a déjà détruit celle du corps germaniqueet de la Pologne. La Suède, le Danemark, Veniseet la Suisse, ne peuvent espérer de conserver la leur,si, même après avoir heureusement résisté à nos en-nemis, la guerre nous laisse dans un état d’épuise-ment et de faiblesse.

Ces puissances le savent; les hommes éclairés de^chaque nation n’ignorent pas combien ce momentleur est favorable pour s’affranchir à jamais du jougdes grandes monarchies.

Il suffirait d’enlever à la maison d’Autriche quel-ques fiefs, depuis Huningue jusqu’à Trieste, pourmettre Venise et la Suisse en état de braver foute sapuissance,

La Pologne rentrerait dans ses anciennes limites;la Suède se ressaisirait des provinces qu’elle a per-dues, et l’indépendance du Nord serait rétablie.

Mais les gouvernements de ces mêmes pays, tantque la France n’aura pas une constitution, craindrontde ne pouvoir, en traitant avec elle, trouver uneassez entière sûreté.

Jusqu’ici, les étrangers voient une nation puis-