DE LEURS REPRÉSENTANTS.
553
tution à la nation française, la Convention a d’autresdevoirs à remplir, et elle ne peut, sans danger pourla chose publique, en négliger aucun.
L’un des plus importants est de perfectionner lesmesures générales de sûreté intérieure. Depuis lecommencement de la révolution, les fonctionnairespublics ont paru constamment manquer de vigilanceet d’activité : les citoyens ont voulu y suppléer, etdès lors qu’en est-il résulté? Un esprit de défianceet de dénonciation, plus dangereux qu’utile. On nese défie de personne, quand on se défie de tout lemonde; et les dénonciations importantes se perdentdans la foule des délations absurdes et calomnieuses.D’ailleurs, il a dû en résulter encore des poursuitesprécipitées qui ont souvent fait disparaître lespreuves, et détruit jusqu’aux vraisemblances, tandisque de plus adroits conspirateurs, calomniateursbruyants des meilleurs citoyens, parvenaient sous lemasque à détourner la vigilance, et à cacher descomplots réels.
Le vice des moyens employés jusqu’ici tient engrande partie à une erreur : on a cru que, dans lesmoments où le danger public ne permet plus desuivre les principes de justice naturelle qui con-viennent à une société paisible, on devait s’aban-donner au hasard, comme s’il n’y avait pas aussides principes de justice applicables aux lois deguerre, à la police d’une ville assiégée. Par exemple,une action indifférente en elle-même peut être miseau nombre des délits, et soumise aux peines les plusgraves, dans les circonstances où elle expose la sû-