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Tome douzième.
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556 CE QUE LES CITOYENS ONT DROIT D’ATTENDRE

avec plus de ressources réelles, puisqu’il nous resleencore plusieurs milliards en fonds de terre dispo-nibles, et que ces fonds, qui ne peuvent être immé-diatement appliqués aux dépenses publiques, sontreprésentés par un papier qui s’éteint à mesure quele prix de ces fonds est versé dans le trésor national.Mais ces extinctions ne suivent pas la marche rapidede nos besoins. Telle est la cause unique du mal,et il peut devenir funeste par l’accroissement con-tinu du prix des denrées, qui conduit nécessairementà la misère et à la désorganisation.

A peine ce mal était-il sensible au commencementde l’Assemblée législative. Ceux qui en prévoyaientles progrès sollicitaient d’avance des remèdes. Ce-pendant ces progrès devenaient chaque jour pluseffrayants; le zèle des citoyens éclairés ne se ralentitpas, mais leurs efforts furent inutiles. L’Assemblée,obligée de combattre jusque dans son sein contrele parti de la cour, n’eut pas le temps de s’occuperde cet objet; ses efforts auraient d’ailleurs été inu-tiles; les intrigants dévoués au château auraienttrouvé, dans les préjugés des bons citoyens, de quoifaire écarter toutes les propositions salutaires.

Aujourd’hui, le mal ne permet plus d’attendre :je suis loin de le croire incurable; mais il est unprincipe qu’il ne faut pas perdre de vue. C’est, avecl’intérêt des hommes, et non avec leurs vertus ouleurs passions, que nous avons à traiter; c’est d’a-près les calculs de la personnalité, et non d’après lezèle du patriotisme, qu’il faut juger l’effet que pro-duiront les opérations.