56a CE QUE LES CITOYENS ONT DROIT D’ATTENDRE
été quelquefois emportées par les passions et non dé-cidées par la raison. Ainsi, les haines, les préventionsparticulières ont dégénéré en factions funestes àla chose publique. Ainsi, les discussions ont ététransformées en une lutte de passions personnelles.Ainsi, des imputations violentes ont pris la place desraisonnements, et la défiance est devenue une raisonpéremptoire de rejeter avec humeur, au lieu d’êtreseulement un motif d’examiner avec plus de scrupule.
Pour remédier à ce mal, il ne s’agit donc pas desacrifier ses affections individuelles ou ses opinionssur les hommes : il s’agit seulement d’avoir le cou-rage de les oublier dans les discussions, soit descomités, soit de la Convention, soit des sociétéspopulaires.
Pourquoi aussi n’essayerions-nous pas de nous cor-riger de notre crédulité pour ce ramas de fables calom-nieuses que même on n’a pas l’adresse de savoir varier?Ne les entendons-nous pas répéter jusqu’au dégoût,par des hommes que le lieu de leur naissance, lesprinces auxquels ils ont été attachés, les ministresdont ils ont été les complices, les grands dont onles a vus autrefois les humbles protégés, nous dési-gnent comme suspects de n’avoir jamais cessé d’ap-partenir à nos ennemis?
Une assemblée où il n’existe point une majorité àpeu près certaine dans un même sens, est exposée àun inconvénient très-grave, celui de prendre des me-sures incomplètes et mal combinées. On se hâte de fairepasser une résolution, parce qu’on craint de s’ex-poser à voir passer le lendemain la résolution con-