564 CE QUE LES CITOYENS ONT ÜKOIT D ATTENUEE
chacun pouvant préparer une opinion sur l’objetqui l’intéresse, et ayant une juste espérance depouvoir l’énoncer, l’empressement de parler avantd’avoir examiné diminuerait peu à peu. Il seraitpuéril d’exiger d’un grand nombre d’hommes le sa-crifice de leur amour-propre; mais serait-il impos-sible d’obtenir d’eux d’avoir un amour-propre mieuxentendu ?
Toute assemblée représentative, dont les membresne pourraient conserver l’indépendance entière deleurs opinions, où ils seraient obligés de garder le si-lence quand ils ne veulent être les instruments d’au-cun parti, et qu’ils ne peuvent en être la dupe,une telle assemblée n’a plus cette liberté qu’exigentla nature de ses fonctions et le succès de sestravaux. Or, le plus léger doute sur la liberté d’uneassemblée délibérante, ôte à ses décisions cette au-torité de confiance, non moins nécessaire que l’au-torité qui vient de la loi, et celle-ci même ne pour-rait alors subsister longtemps.
Ainsi, ne point souffrir, et surtout ne point mériterqu’il s’élève le moindre doute sur la liberté de sesdélibérations , est un des premiers devoirs d’uneassemblée chargée des destinées d’un grand peuple.Ainsi, non-seulement tout attentat contre ses mem-bres, qu’elle laisserait impuni, toute violence qui neserait pas réprimée, mais toute démission qui neparaîtrait pas volontaire , toute révocation partielle,toute apparence d’avoir cédé aux menaces, annon-cerait une faiblesse coupable, et dans ceux dont lesennemis auraient été l’objet de ces complots , un bon-