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Tome douzième.
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DF. LEURS REPRÉSENTANTS.

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leux sacrifice des intérêts du peuple aux plus lâchesdes passions personnelles , à celles qui prennent leursource dans l’orgueil et dans la haine.

Quelques hommes se permettent de traiter commeun patriote glacé ou suspect, celui qui refuse decoopérer à des mesures qu’ils regardent comme justeset nécessaires. Mais personne n’a le droit d’imposeraux autres ni sa morale ni ses opinions. On peut,avec un amour égal pour la liberté, différer d’avissur la légitimité des moyens de l’assurer et de laconquérir.

Épamînondas refusa d’entrer dans la conjurationcontre les trente tyrans de Thèbes; il craignait quecette entreprise, légitime en elle-même , ne fût souil-lée par le meurtre de citoyens innocents. Le lende-main , quand la crainte d’une garnison lacédémo-nienne faisait hésiter le peuple entre ses libérateurset ses tyrans, Epaminondas parut sur la place pu-blique, rallia les citoyens à la cause de la liberté, etchassa les Spartiates de la citadelle.

Il serait également injuste de traiter de tyrannieles exagérations où le zèle de la liberté peut aussientraîner quelques hommes, et de calomnier ce zèleau lieu de chercher à le régler en l’éclairant.

On doit de l’indulgence à ceux qui portent leursregards et sur l’avenir et sur l’opinion des nationsétrangères ; car un avenir de quelques années appar-tient. à ceux qui existent aujourd’hui, et l’opiniondes peuples étrangers peut donner une force très-réelleà celui qui ne veut pour lui-même que les droitscommuns à tous.