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Tome douzième.
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576 LES DÉPUTÉS DU DÉPARTEMENT DE l’aISNE

Jusqu’ici vous leur avez donné l’exemple del’union. Attachés à la République seule, vous n’avezjamais paru vous apercevoir de ces partis qu’on es-saye vainement déformer dans son sein. Et quel pour-rait donc être l’objet de ces partis, lorsque nousvoulons tous une république, lorsqu’une haine égalepour la royauté, une même horreur pour les dis-tinctions héréditaires nous enchaînent à la cause del’égalité? Qui de vous, qui de nous veut avoir unautre maître que la loi? Ne voulons-nous pas touségalement que tous les citoyens exercent les mêmesdroits, que tous jouissent, dans la plus entièreétendue, de ceux que la justice et la raison univer-selle ont reconnu appartenir à l’homme en société?

Tous les Français ne conviennent-ils pas que lasûreté, la liberté, la propriété, l’égalité, la souve-raineté du peuple sont les premiers de ces droits?Qui de nous ignore que l’homme, vraiment libre, estcelui qui met son orgueil dans une soumission vo-lontaire aux lois de sa patrie; que le citoyen ne mé-rite ce nom respectable qu’en sachant mainteniret défendre dans autrui les droits reconnus et ga-rantis par la volonté générale? Qui de nous ne dé-teste , comme un lâche et coupable hypocrite, celuiqui cache, sous le masque du respect pour la loi,un secret penchant pour la tyrannie, celui quicouvre du nom d’amour de la liberté ses attentatscontre les règles éternelles de la justice, et qui sevante de servir sa patrie, quand il veut anéantir lesfondements sacrés de la société?

Citoyens! ceux qui cherchent à vous éclairer sur