AUX CITOYENS DE LEUR DÉPARTEMENT. 5^5
Nous avons gémi comme vous, quand nous yavons entendu accueillir la voix de la calomnie,quand nous y avons vu la dignité des représentantsdu peuple, s’avilir quelquefois dans une discussiontumultueuse; nous avons gémi, quand ces divisionsont ravi à la Convention nationale le pouvoir demaintenir autour d’elle une paix constante , de pré-venir toutes les violations delà loi, quand le respectpour le droit de pétition nous a forcés d’entendre lescitoyens égarés, nous donner, comme des moyensde sauver la patrie, des mesures propres à opérer saruine. Mais, citoyens, il y a loin de ces désordres àcette corruption , à cette faiblesse, qui seules pour-raient légitimer la perte de votre confiance.
N’y voyez, comme nous, qu’une effervescence despassions, contre laquelle ni l’instruction, ni l’habi-tude des vertus républicaines, ni l’amour pour leslois, sources de sa prospérité, ne peuvent défendreun peuple qui, brisant à la fois toutes ses antiqueschaînes, a passé, presqu’en un seul jour, de l’escla-vage à la liberté, de l’avilissement à l’égalité, del’oppression à la souveraineté.
Les restes du parti royaliste, les puissances étran-gères, citoyens, voilà vos véritables ennemis! voilàceux que vous devez détruire ou repousser : neperdez point, à combattre des chimères, les forcesdont vous avez besoin contre des dangers trop réels.
Voyez dans la Convention des hommes unani-mement dévoués à périr avec la liberté, à tout sa-crifier pour la sauver, qui ont besoin d'être encoura-gés par votre confiance, mais qui veulent la mériter.