PRONONCÉ A LA CONVENTION, ETC. 585
lez pas avoir le funeste pouvoir détromper l’attentede la nation.
Il faut que, si des passions osent encore se faire en-tendre au milieu de vous, elle ne puisse plus craindrede vous voir entraîner hors de la route qu’elle vousa tracée. II faut que les ennemis de la liberté fran-çaise, les artisans de conspirations, les intrigantsavides du pouvoir, les contre-révolutionnaires dé-guisés en patriotes, les agents des rois étrangers, lespartisans secrets du fédéralisme ou de la royauté,les hommes qui ont besoin de prolonger le désordre,ne puissent plusse flatter ni de vous égarer, ni devous perdre; il faut même qu’au delà de vous, ilsaperçoivent encore un nouvel obstacle au succès deleurs complots. Il faut que les puissances ennemiesperdent l’espérance de voir arriver ce momentqu’ell es attendent et qu’elles préparent, ce momentd’anarchie où la France, fatiguée de n’avoir pas deconstitution, n’ayant plus d’espoir de la recevoirdevous, et privée d’un centre de réunion, serait livrée,dans chacune de ses parties, à tout ce que l’erreur,la défiance, les passions, les trahisons pourraientemployer de moyens pour la diviser et la déchirer.
J’ai cherché une mesure qui pût remplir cet objetimportant : celle que je vais vous développer estsimple; elle ne peut exposer ni la République à au-cune secousse, ni la liberté à aucun danger. Vousavez promis de sauver la patrie, et je ne vous con-seillerai point de remettre en d’autres mains le dé-pôt que vous avez accepté. Je ne vous parlerai pointd’inviter le peuple à prononcer sur nos divisions