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Tome douzième.
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646 QUE TOUTES LES CLASSES DE LA SOCIÉTÉ

vant vivre sans travail, el d’autres n’avant que leurtravail pour vivre; des cultivateurs, des manufac-turiers et des commerçants; des entrepreneurs, desouvriers et des consommateurs; des propriétaires defonds et des capitalistes. Une partie des citoyens estrépandue dans les campagnes, le reste s’est réunidans des villes; une de ces villes devient, par le fait,une sorte de chef-lieu national.

Si donc chacune de ces distinctions, nécessairesdans la fortune, dans les professions, dans la ma-nière de vivre, donnait à chacune des classes qui enrésultent des intérêts réellement opposés, la sociétéentière serait perpétuellement agitée par une guerresourde entre ces classes ennemies; mais, au contraire,si cette opposition est imaginaire, si toutes cesclasses n’ont qu’un même intérêt, il suffira de leurprouver cette vérité pour tarir la source des dangersdont le préjugé contraire menaçait la tranquillitépublique, ou la liberté, des obstacles qu’il opposaità la prospérité générale.

En Angleterre, où l’on se croit gouverné par despouvoirs qui se balancent, on s’occupe de balanceraussi les intérêts opposés; on y cherche à maintenirl’équilibre entre l’intérêt commercial et l’intérêt ter-ritorial. Les ministres ne permettent pas à la nationde savoir que si des pouvoirs agissent, c’est qu’ilss’accordent, et que, si des intérêts concourent à unbut commun , c’est qu’ils sont les mêmes.

Je vais donc essayer de prouver que ces préten-dues oppositions d’intérêts n’existent pas; que ledéveloppement des facultés de l’homme, le progrès