n’ont qu’un MÊME INTÉRÊT. 647
de la civilisation, qui en est la suite, ne lendentpoint naturellement à séparer les hommes, mais àles rapprocher; que les rapports sociaux, d’accordavec les sentiments de la nature, les portent, parl’intérêt de leur propre bonheur, à le chercher danscelui des autres; et que l’homme ne peut devenirennemi de l’homme que par l’effet des lois injustes,ou des institutions corruptrices.
Je parlerai d’abord de la prétendue oppositiond’intérêts entre les riches et les pauvres, entre uneville devenue chef-lieu national par le fait, et lereste du territoire : on sait que ces deux erreurssont, dans ce moment, une des principales causesdes orages qui nous agitent, des maux dont noussommes menacés.
L’intérêt de celui qui vit de son travail, de sonindustrie, est de n’en point manquer, de voir s’é-tablir une concurrence active entre ceux qui en ontbesoin. Il est également intéressé à ce qu’aucuntrouble dans la société, aucun bouleversement dansles fortunes, ne dérange ni l’ordre des choses, quilui assure du travail, ni la concurrence qui en main-tient ou en élève le salaire.
Son intérêt est donc que celui qui peut vivre sanstravail, d’un revenu acquis ou reçu, puisse em-ployer son revenu et ses capitaux, soit pour sa dé-pense, soit même pour augmenter sa fortune par desmoyens utiles à l’industrie, et que la crainte de perdresa propriété ne le détermine pas à dissimuler sa ri-chesse , ou à thésauriser.
L’intérêt de celui qui vit sans travail est de