Band 
Tome douzième.
Seite
650
JPEG-Download
 

65o

QUE TOUTES LES CLASSES, ETC.

il faut que vous ayez des cultivateurs ou des pro-priétaires en état de faire de grosses avances.Voulez-vous que le commerce fleurisse? il faut quevous ayez des hommes qui puissent y placer descapitaux considérables. Et ces progrès, dus auxpropriétaires, aux cultivateurs, aux capitalistes plusriches, sont utiles, sont nécessaires à la prospéritédes cultivateurs moins aisés, et des petits commer-çants. Il ne s’agit pas ici de maintenir une grandeinégalité; il s’agit seulement de tout abandonnerà la volonté libre des individus, de seconder, pardes institutions sages, la pente de la nature, qui tendà l’égalité, mais qui l’arrête au point où elle devien-drait nuisible. Alors la fortune ne se fixe point dansun certain nombre de familles, dans une classed’hommes; mais elle circule dans la masse entière,et elle y circule sans ces grands déplacements qui,s’ils sont subits, dérangent le cours des travaux, del’industrie, du commerce; et, en détruisant la for-tune d’un grand nombre de riches, tarissent les res-sources d’un plus grand nombre de ceux qui ne lesont pas.

L’intérêt de tous est que les fortunes se divisent ;mais il l’est aussi que chacun puisse accroître lasienne autrement que par la thésaurisation, et sur-tout qu’il puisse se croire sûr de la conserver et d’enjouir.