SUR LA NOUVELLE CONSTITUTION.
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une réputation étendue; qu’aucun citoyen n’y mé-rite de fixer les regards de la nation entière? Croirait-on que, si elle choisissait elle-même, il fût si aisé dedominer son opinion par de lâches dénonciations,par d’absurdes calomnies? On a dit aussi contre lesélections immédiates, que les citoyens n’iront pasaux assemblées primaires; et qui l’a dit? Ce sontces mêmes hommes qui sans cesse flattent le peuple,qui répètent qu’il est grand et presque infaillible,lorsqu’ils espèrent l’entraîner à des violences; maisqui, dès qu’il est question de ne pas le restreindreclans l’exercice de ses droits, n’en parlent plus quecomme d’un troupeau d’animaux lâches et stupides.Amis du peuple, quand il leur présente une massequ’ils espèrent agiter, ils le dédaignent, lorsque dis-persé il n’obéit plus qu’à sa raison.
Ils nomment droits du peuple, les actes de ty-rannie exercés par une de ses portions; mais s’agit-il des véritables droits du peuple entier, alors on estétonné de retrouver dans leur bouche les insolentesmaximes de l’aristocratie. Ils appellent le peuple leshommes corrompus ou égarés qu’ils rassemblent engroupes, qu’ils entassent dans les tribunes; mais lepeuple souverain dans ses assemblées primaires estpour eux un juge terrible qu’ils haïssent parce qu’ilsle craignent.
Et pourquoi les citoyens négligeront-ils les élec-tions, s’ils croient qu’un véritable intérêt les y ap-pelle? Qui donc les en a écartés jusqu’ici, sinon ladomination bruyante exercée dans les assemblées,sinon le sentiment confus de la nullité de leur voeu