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Histoire de Charles XII, roi de Suède : avec des notes grammaticales et un vocabulaire suffisant ; à l'usage des écoles / par Voltaire
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LIVRB 1.

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<jer des enfans, et non ponr nons donner des avis.“ Bepuisce temps il la traita, dit-on, avec une dureté qui avança sesjours t JÎ ). ' *

H mourut quatre ans après elle, dans la quarante-deu-xième année de son âge, et dans la trente-septième de sonrègne, lorsque l’empire, l'Espagne, la Hollande d’un côté, laFrance de l’autre, venaient ( 33 j de remettre la décision deleurs querelles à sa médiation, et qu’il avait déjà entamél’ouvrage de la paix entre ces puissances.

U laissa à son fils, âgé de quinze ans, un trône affermi,it respecté au dehors, des sujets pauvres, mais belliqueux etsoumis, avec des finances en bon ordre, ménagées par desministres habiles.

Charles XII à son avènement non seulement se trouvamaître absolu et paisible de la Suède et de la Finlande, maisil régnait encore sur la Livonie, la Carélie, l’Ingrie; il possé-dait Vismar, Vibourg, les îles de Rugen, d’Oesel, et la plusbelle partie de la Polnéranie, le duché de Brème et de Ver-den ; toutes conquêtes de ses ancêtres, assurées à la couronnepar une longue possession, et par la foi des traités solennelsde Munster et d’Oliva, soutenus de la terreur des armes sué-doises. La paix de Rysvick, commencée sous les auspices dupère, fut conclue sous ceux du fils: il fut le médiateur del’Europe dès qu’il commença à régner.

Les lois suédoises fixent la majorité des rois à quinzeans ; mais Charles XI, absolu en tout, retarda par son testa-ment celle de son fils jusqu’à dix-huit: il favorisait par cettedisposition les vues ambitieuses de sa mère, Edwige-Eléonorede Holstein, veuve de Charles X. Cette princesse fut décla-rée t 34 ) par le roi son fils tutrice du jeune roi son petit-fils,et régente du royaume conjointement avec un conseil de cinqpersonnes.

La régente avait en part aux affaires sous le règne du roison fils: elle était avancée en âge; mais son ambition, plusgrande que ses forces et que son génie, lui faisait espérer dejouir long-temps des douceurs de l’autorité sous le roi sonpetit-fils: elle l’éloignait autant qu’elle pouvait des affaires.Le jeune prince passait son temps à la chasse, ou s’occupaità faire la revue des troupes; il faisait même quelquefoisl'exercice avec elles: ces amuseinens ne semblaient que l’effetnaturel de la vivacité de son âge: il ne paraissait dans saconduite aucun (“J dégoût qui pût alarmer la régente, etcette princesse se flattait que les dissipations de ces exercices