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HISTOIRE DE CHARLES XII.
le rendraient incapable d’application, et qu elle en gouverneraitplus long-temps.
%n jour, au mois de nôyembre, la même année de lamort de son père, il venait de faire la revue de plusieurs ré-gimens; le conseiller d’état Piper était auprès de lui; le roiparaissait abymé dans une rêverie profonde. „Puis-je prendrela liberté, lui dit Piper, de demander à votre majesté à quoielle songe si sérieusement? 1 '—’„Je songe, répondit le prince,que je me sens digne de commander à ces braves gens ; et jevoudrais que ni eux ni moi ne reçussions l’ordre d’une fein-me.“ Piper saisit dans le moment l’occasion de faire unegrande fortune. Il n’avait pas assez de crédit pour oser secharger lui-même de l’entreprise dangereuse d’ôter la régenceà la reine, et d’avancer la majorité du roi; il proposa cettenégociation au comte Axel Sparre, homme ardent, et quicherchait à se donner de la considération; il le flatta de laconfiance du roi. Sparre le crut, se chargea de tout, et netravailla que pour Piper. Les conseillers de la régence fu-rent bientôt persuadés : c’était a qui ( 3G ) précipiterait l’exécu-tion de ce dessein, pour s’en faire un mérité auprès du roi.
Ils allèrent en corps en faire la proposition à la reine,qui ne s’attendait pas a une pareille déclaration. Les états-généraux étaient assemblés alors; les conseillers de la ré-gence y proposèrent l’affaire: il n’y eut pas une voix contre;la chose fut emportée d’une rapidité que rien ne pouvait ar-rêter; de sorte que Charles XII souhaita de régner, et entrois jours les états lui déférèrent le gouvernement. Le pou-voir de la reine et son crédit tombèrent en un instant. Ellemena depuis une vie privée, plus sortable à son âge, quoiquemoins à son humeur. Le roi fut couronné le 24 décembresuivant: il fit son entrée dans Stockholm sur un cheval ale-zan, ferré d’argent, ayant le sceptre à la main, et la couronneen tête, aux acclamations de tout un peuple, idolâtre de cequi est nouveau, et concevant toujours de grandes espérancesd’un jeune prince.
L’archevêque d’Upsal e3t en possession de faire la céré-monie du sacre et du couronnement; c’est de tant de droitsque se&-„ prédécesseurs s’étaient arrogés presque le seul qui luireste. Après avoir, selon l’usage, donné l’onction au prince,il tenait entre ses mains la couronne pour la lui remettre surla tête; Charles l’arracha des mains de l’archevêque, et secouronna lui-même, en regardant fièrement le prélat. Lamultitude,, à qui( 37 ) tout air de grandeur impose toujours, ap-plaudit à l’action du roi ; ceux-même qui avaient le plus gémi