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Histoire de Charles XII, roi de Suède : avec des notes grammaticales et un vocabulaire suffisant ; à l'usage des écoles / par Voltaire
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JL.IYRK I.

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bous le despotisme du père se laissèrent entraîner à louerdans le fils cette fierté qui était l’augure de leur servitude.

Dès que Charles fut maître il donna sa contiance et lemaniement des affaires au conseiller Piper, qui fut bientôtson premier ministre sans en avoir le nom. Peu de joursaprès il le fit comte, ce qui est une qualité éminente enSuède, et non un vain titre qu’on puisse prendre sans consé-quence comme en France.

Les premiers temps de l’administration du roi ne don-nèrent point de lui des idées favorables: il parut qu’il avaitété plus impatient que digne de régner. Il n’avait à la vé-rité aucune passion dangereuse; mais on ne voyait dans saconduite que des emportemens de jeunesse, et de l’opiniâtreté:il paraissait inappliqué et hautain: les ambassadeurs quiétaient a sa cour le prirent même pour un génie médiocre,et le peignirent ( 38 ) tel à leurs maîtres. La Suède avait delui la même opinion: personne ne connaissait son caractère;il l’ignorait lui-même, lorsque des orages formés tout-à-coupdans le nord donnèrent à ses talens cachés occasion de sedéployer.

Trois puissans princes, voulant se prévaloir de sonextrême jeunesse, conspirèrent sa ruine presque en mêmetemps. Le premier fut Frédéric IV, roi de Danemarck, soncousin; le second, Auguste, électeur de Saxe, roi de Pologne:Pierre-le-Grand, czar de Moscovie, était le troisième, et leplus dangereux. Il faut( 39 ) développer l’origine de ces guer-res qui ont produit de si grands évènemens, et commencerpar le Danemarck.

De deux soeurs qu’avait Charles XII, l’aînée avait épouséle duc de Holstein, jeune prince plein de bravoure et de dou-ceur: le duc oppximé par le roi de Danemarck, vint à Stock-holm avec son épouse se jeter entre les bras du roi, et luidemander du secours non seulement comme à son beau-frère,mais comme au roi d’ime nation qui a pour les Danois unehaine irréconciliable.

L’ancienne maison de Holstein, fondue dans celle d’Ol-denbourg, était montée sur le trône de Danemarck, par élec-tion, en 1449: tous les royaumes dn nord étaient alors élec-tifs: celui de Danemarck devint bientôt héréditaire. Un deses rois, nommé Christiern III, eut pour son frère Adolpheune tendresse ou des ménagemens dont on ne trouve guèred’exemple chez les princes. Il ne voulait point le laisser sanssouveraineté, mais il ne pouvait( 10 ) démembrer ses propresétats: il partagea avec lui, par un accord bizarre, les duchés