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HISTOIRK DK CHARLES XII,
de Potignac, ambassadeur de France, pour donner la couronneau prince de Conti, qui en effet fut élu. Mais l’argent et lestroupes deSaxe triomphèrent de ses négociations; il se laissaenfin entraîner au parti qui couronna l’électeur de Saxe, etattendit avec patience l’occasion de mettre la division entrela nation et ce nouveau roi.
Les victoires de Charles XII, protecteur du prince JacquesSobiesky , la guerre civile do Lithuanie, le soulèvementgénéral de tous les esprits contre, le roi Auguste, firent croireau cardinal primat que le temps était arrivé t>ù il pourraitrenvoyer Auguste en Saxe, et rouvrir au fils du roi Jean lechemin du trône. Ce prince, autrefois l’objet innocent de lahaine des Polonais, commençât h devenir leurs délices depuis(jiie le roi Auguste état haï ( S9 ) ; mais il n’osait concevoir alorslidée d’une si grande révolution; et cependant le cardinal enjetait insensiblement les fomlemens.
D’abord il sembla vouloir réconcilier le roi avec la répu-blique: il envoya des lettres.circulaires, dictées en apparencepar l’esprit Aa concorde et par la charité, pièges usés et con-nus, mais cwles hommes sont toujours pris: il écrivit au roide Suède mre lettre touchante, le conjurant au nom de celuique tous les chrétiens adorent également de donner la pajxh la Pologne et à son roi. Charles XII répondit aux inten-tions du cardinal plus qu’à ses paroles: cependant il reSpitdans le grand duché de Lithuanie avec son année victorieuse,déclarant qu'il ne voulait point troubler la diète; qu’il faisaitla guerre à Auguste et aux Saxons, non aux Polonais; etque, loin d’attaquer la république, il venait la tirer d’oppres-sion. Ces lettres et ces réponses étaient pour le public.Des émissaires qui allaient et venaient continuellement de lapart du cardinal au comte Piper, et des assemblées secrèteschez ce prélat, étaient les ressorts qui faisaient mouvoir ladiète: elle proposa d’envoyer une ambassade à Charles XII,et demanda unanimement air roi qu’il n’appelât plus les Mos-covites sur les frontières, et qu’il renvoyât ses troupes saxonnes.-
La mauvaise fortune d’Auguste avait déjà fait ce que ladiète exigeait de lui. La ligue conclue secrètement à Birzenavec le Moscovite était devenue aussi inutile qu’elle avait parud’abord formidable.. Il était bien éloigné de pouvoir envoyerau czar les cinquante mille Allemands qu’il avait promis defaire lever dans l’empire. Le czar môme, dangereux voisin dela Pologne, ne se pressait pas de secourir alors de toutes sesforces un royaume divisé dont il espérait recueillir quelquesdépouilles; il se contenta d’envoyer dans la Lithuanie vingt