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Histoire de Charles XII, roi de Suède : avec des notes grammaticales et un vocabulaire suffisant ; à l'usage des écoles / par Voltaire
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HISTOIRE DE CHARLES XII.

auxquelles U se fiait le plus. Il crut dans ce désordre avoirperdu sa seconde fille, âgée d’un an; elle fut égarée par sanourrice: il la retrouva dans une auge d’écurie où elle avaitété abandonnée dans un village voisin: c’est ce que je lui aientendu conter. Ce fut ce même enfant que la destinée, aprèsde pins grandes vicissitudes, fit depuis reine de France. Plu-sieurs gentilshommes prirent des chemins différens: le nouveauroi partit lui-même pour aller trouver Charles XII, apprenantde bonne heure à souffrir des disgrâces, et forcé de quitter sacapitale six semaines après y avoir été élu souverain.

Auguste entra dans la capitale en souverain irrité et vic-torieux. Les liabitans, déjà rançonnés par le roi de Suède,le furent encore davantage par Auguste; le palais du cardinal,et toutes les maisons dés seigneurs confédérés, tous leurs biensà la ville et à la campagne, furent livrés au pillage. Ce qu’ily eut de plus étrange dans cette révolution passagère, c’estqu’un nonce du pape, qui était venu avec le roi Auguste, de-manda au nom de son maître qu’on lui livrât l’évêque dePosnanie, comme justiciable de la cour de Rome, en qualitéd’évêque et de fauteur d’un prince mis sur le trône par lesarmes d’un luthérien.

La cour de Rome, qui a toujours songé à augmenter sonpouvoir temporel à la faveur du spirituel, avait depuis très long-temps établi en Pologne une espèce de jurisdiction à la têtede laquelle est le Tionce du pape. Ses ministres n’avaient pasmanqué de profiter de toutes les conjonctures favorables pourétendre leur pouvoir, révéré par la multitude, mais toujourscontesté par les plus sages: ils s’étaient attribué le droit dejuger toutes les causes des ecclésiastiques, et avaient, sur-tout dans les temps de troubles, usurpé beaucoup d’autresprérogatives, dans lesquelles ils se sont maintenus jusque versl’année 1726, où l’on a retranché ces abus, qui ne sontjamais réformés que lorsqu’ils sont devenus tout-à-fait into-lérables.

Le roi Auguste, bien aise de punir l’évêque de Posnanieavec bienséance, et de plaire à la cour de Rome, contrelaquelle il se serait élevé en tout autre temps, remit le prélatpolonais entre les mains du nonce. L’évêque, après avoir vilpiller sa maison, fut porté par des soldats chez le ministreitalien, et envoyé en Saxe, où il mourut. Le comte de HocSnessuya dans le château où il était renfermé le feu ■ continueldes ennemis: enfin, la place n’étant pas tenable, il se renditprisonnier de guerre avec ses quinze cents Suédois. Ce futlà le premier avantage qu’eut le roi Auguste, dans le torrent