LIVRE III.
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Auguste; mais son esprit vif et altier s'accommodaitt mal deshauteurs du général Flemming, favori du roi, plus impérieuxet plus vif que lui, il avait passé au service du czar, dont ilétait alors général et ambassadeur auprès d’Auguste. C’étaitun esprit pénétrant; il avait démêlé que les vues de Flemminget du chancelier de Saxe étaient de proposer la paix au roide Suède à quelque prix que ce fût: il forma aussitôt le des-sein de les prévenir, de ménager un accommodement entre leczar et la Suède. Le chancelier éventa son projet, et obtintqu’on se saisit de sa personne: le roi Auguste dit au czar quePatkul était un perfide qui les trahissait tous deux. Il n’étaitpourtant coupable que d’avoir trop bien servi son nouveaumaître; mais un service rendu mal-à-propos est souvent punicomme une trahison.
Cependant, d’un côté, les soixante mille Russes, divisésen plusieurs petits corps, brûlaient et ravageaient les terres despartisans de Stanislas; de l’autre, Schullembourg s’avançaitavec ses nouvelles troupes: la fortune des Suédois dissipa cesdeux armées en moins de deux mois. Charles XII et Stanislasattaquèrent les corps séparés des Moscovites l’un après l'autre,mais si vivement qu’un général moscovite était battu avantqu’il sût la défaite de son compagnon.
Nul obstacle n’arrêtait le vainqueur; s’il (”) se trouvaitune rivière entre les ennemis et lui, Charles XÜ et ses Suédoisla passaient à la nage. Un parti suédois prit le bagage d’Au-guste, où il y avait deux cents mille écus d’argent monnayé;Stanislas saisit huit cents mille ducats appartenans au princeMenzikoff, général moscovite : Charles, à la tête de sa cavalerie,fit trente lieues en vingt-quatre heures, chaque cavalier menantun cheval en main, pour le monter quand le sien serait rendu.Les Moscovites épouvantés, et réduits à un petit nombre,fuyaient en désordre au-delà du Borysthène.
Tandis que Charles chassait devant lui les Moscovitesjusqu’au fond de la Lithuanie, Schullembourg repassa enfinl’Oder, et vint à la tête de vingt mille hommes présenter labataille au grand maréchal RenschiUl, qui passait pour le meil-leur général de Charles XII, et que l’on appelait le Pannénionde l’Alexandre du nord. Ces deux illustres généraux, quisemblaient participer à la destinée de leurs maîtres, se rencon-trèrent assez près de Punits, dans un lieu nommé Frauenstad,territoire déjà fatal aux troupes d’Auguste: Renschild n’avaitque treize bataillons et vingt-deux escadrons, qui faisaient entout près de dix mille hommes; Schullembourg en avait unefois autant. Il est ( ls ) à remarquer qu’il y avait ç ls ) dans son