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HISTOIRE DE CHARLES XII.
année un corps de six à sept mille Moscovites, <jue l’on avaitlong-temps disciplinés, et sur lesquels on comptait comme sutdes soldats aguerris. Cette bataille de Frauenstad se donnale 12 février 1706; mais ce même général Sclnillembourg, quiavec quatre mille hommes avait en quelque façon troublé lafortune du roi de Suède, succomba sous celle du général Ren-schild. Le combat ne dura pas un quart-d’heure ; les Saxonsne résistèrent pas un moment; les Moscovites jetèrent leursarmes dès qu’ils virent les Suédois: l’épouvante fut si subite,et le désordre si grand, que les vainqueurs trouvèrent sur lechamp de bataille sept mille fusils tout chargés qu’on avaitjetés à terre sans tirer. Jamais déroute ne fut plus prompte,plus complète, et plus honteuse; et cependant jamais généraln’avait fait une si belle disposition que Schullembourg, del’aveu de tons les officiers saxons et suédois, qui virent encette journée combien la prudence humaine est peu maîtressedes évènemens.
Parmi ( 16 ) les prisonniers il se trouva un régiment entierde Français. Ces infortunés avaient été pris par les troupesde Saxe, l’an 1704, à cette fameuse bataille de Hochstet, sifuneste à la grandeur de Louis XIV: ils avaient passé depuisan service du roi Auguste, qui en avait fait un régiment dedragons, et en avait donné le commandement à un Françaisde la maison de Joyeuse. Le colonel fut tué à la premièreou plutôt a la seule décharge des Suédois; le régiment toutentier fut fait prisonnier de guerre. Dès le jour même cesFrançais demandèrent a servir Charles XII ; et ils furent reçusà son service, par une destinée singulière qui les réservait àchanger encore de vainqueur et de maître.
A l’égard des Moscovites, ils demandèrent la vie à genoux;mais on les massacra inhumainement plus de six heures aprèsle combat, pour punir sur eux les violences de leurs compa-triotes, et pour se débarrasser de ces prisonniers dont onn’eût su que faire ( 17 ).
Auguste se vit alors sans ressources. Il ne lui restaitplus que Cracovie, où il s’était enfermé avec deux régimensde Moscovites, deux de Saxons, et quelques troupes de l’ar-mée de la couronne, par lesquelles même il craignait d’êtrelivré an vainqueur; mais son malheur fut au comble quand ilsut que Charles XII était enfin entré en Saxe le premierseptembre 1706.
Il avait traversé la Silésie sans daigner seulement en faireavertir la cour de Vienne. L’Allemagne était consternée; ladiète de Ratisbonne, qui représente l’empire, mais dont les