LIVRE III.
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résolutions sont souvent aussi infructueuses que solennelles,déclara le roi de Suède ennemi de l’empire s’il passait au-delàde l’Oder avec son armée; cela même le détermina à venirplutôt en Allemagne.
A son approche les villages furent déserts; les habitansfuyaient de tous côtés. Charles en usa alors comme à Copen-hague ; il fit afficher par-tout qu’il n’était venu que pour donnerla paix; que tous ceux qui reviendraient chez eux, et quipaieraient les contributions qu’il ordonnerait seraient traitéscomme ses propres sujets, et les autres poursuivis sans quar-tier. Cette déclaration d’un prince qu’on savait n’avoir jamaismanqué à sa parole fit revenir en foule tous ceux que la peuravait écartés. Il choisit son camp à Altranstad, près de lacampagne de Lutzen, champ de bataille fameux par la victoireet par la mort de Gustave Adolphe. Il alla voir la place oùce grand homme ( la ) avait été tué. Quand on l’eut conduitsur le lieu: „J’ai tâché, dit-il, de vivre comme lui; Dieu m’ac-cordera peut-être un jour une mort aussi glorieuse. 11
De ce camp il ordonna aux états de Saxe de s’assembler,et de lui envoyer sans délai les registres des finances de l’élec-torat. Dès qu’il les eut en son pouvoir, et qu’il fut informéau juste de ce que la Saxe pouvait fournir, il la taxa à sixcents vingt-cinq mille risdales par mois. Outre cette contri-bution, les Saxons furent obligés de fournir à chaque soldatsuédois deux livres de viande, deux livres de pain, deux potsde bière, et quatre sous par jour, avec du fourage pour lacavalerie. Les contributions ainsi réglées, le roi établit unenouvelle police pour garantir les Saxons des insultes de sessoldats: il ordonna, dans toutes les villes où il mit garnison,que chaque hôte chez qui les soldats logeraient donnerait descertificats tous les mois, de leur conduite, faute de quoi lesoldat n’aurait point sa paie; de plus, des inspecteurs allaienttous les quinze jours de maison en maison s informer si lesSuédois n’avaient point commis de dégât: ils avaient soin dedédommager les hôtes, et de punir les coupables.
On sait sons quelle discipline sévère vivaient les troupesde Charles XII ; qu elles ne pillaient pas les villes prises d’assautayant d’en avoir reçu la permission, qu’elles allaient même aupillage avec ordre, et le quittaient au premier signal. LesSuédois se vantent encore aujourd’hui de la discipline qu’ilsobservèrent en Saxe, et cependant les Saxons se plaignent desdégâts affreux qu’ils y commirent ; contradictions qu’il seraitimpossible de concilier, si l’on ne savait combien les hommesvoient différemment les mêmes objets : il était bien difficile que
CHARLES XII. 5