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Histoire de Charles XII, roi de Suède : avec des notes grammaticales et un vocabulaire suffisant ; à l'usage des écoles / par Voltaire
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HISTOIRE DE CHARLES XII.

dit le baron de Strallieim, qu’ils délibèrent sur ce qu’ils de-vaient faire hier." A quelques jours de là, Renschild étantvenu trouver le roi, lui parla avec étonnement de ce voyagede Dresde. ,,Je me suis fié, dit Charles, sur ina bonne for-tune: j’ai vu cependant un moment qui n’était pas bien net;Flemming n’avait nulle envie que je sortisse de Dresde sitôt."

Ciore (ÉUiatruttu.

ARGUMENT.

Charles victorieux (juitle la Saxe; poursuit le czar ; s’enfoncedans V Ukraine. Ses pertes. Sa blessure. Bataille de Fui-tava. Suite de cette bataille. Charles réduit à fuir en (‘)Turquie. Sa réception en Bessarabie.

Charres partit enfin de Saxe en septembre ‘ 1707,suivi d’une armée de quarante-trois mille hommes, autrefoiscouverte de fer, et alors brillante d’or et d’argent, et enrichiedes dépouilles de la Pologne et de la Saxe: chaque soldatemportait avec lui cinquante écus d’argent comptant; nonseulement tous les régimens étaient complets, mais il y avaitdans chaque compagnie plusieurs surnuméraires. Outre cettearmée, le comte Levenhaupt, l’un de ses meilleurs généraux,l’attendait en Pologne avec vingt mille hommes ; il avait en-core une autre armée de quinze mille hommes en Finlande,et de nouvelles recrues lui venaient de Suède. Avec toutesces forces on ne douta pas qu’il ne dût détrôner le czar.

Cet empereur était alors en Lithuanie, occupé à ranimerun parti auquel le roi Auguste semblait avoir renoncé: sestroupes, divisées en plusieurs corps, fuyaient de tous côtésau premier bruit de l’approche du roi de Suède: il avait re-commandé lui même à tous ses généraux de ne jamais attendrece conquérant avec des forces inégales; et il était bien obéi.

Le roi de Suède, au milieu de sa marche victorieuse, reçutun ambassadeur de la part des Turcs. L’ambassadeur eutson audience au quartier du comte Piper; c’était toujours chezce ministre que se faisaient les cérémonies d’éclat ; il soutenaitla dignité de s'on maître par des dehors qui avaient alors un