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HISTOIRE DE CHARLES XII.
Pultava (”), il en pressa le siège avec ardeur. Mazeppa, quiavait des intelligences dans la ville, l’assura qu’il en sciaitbientôt le maître: l’espérance renaissait dans l’année; les sol-dats regardaient la prise de Pultava comme la fin de toutesleurs misères.
Le roi s’aperçut, dès le commencement du siège, qu’ilavait enseigné l’art de la guerre à ses ennemis. Le princeMenzikoff, malgré toutes ses précautions, jeta du secours dansla ville: la garnison par ce moyen se trouva forte de près ducinq mille hommes.
On faisait îles sorties, et quelquefois avec succès; on litjouer une mine ; mais ce qui rendait la ville imprenable, c’étaitl'approche du czar, qui s’avançait avec soixante et dix millecombattans. Charles XII alla les reconnaître le 27 mai, jourde sa naissance, et battit un de leurs détachemens: maiscomme il retournait à son camp, il reçut un coup de carabine,qui lui perça la botte, et lui fracassa l’os du talon. On neremarqua pas sur son visage le moindre changement qui pûtfaire soupçonner qu’il était blessé: il continua à donner tran-quillement ses ordres, et demeura encore près de six hemesà cheval. Un de ses domestiques s’apercevant que le soulierde la botte ilu prince était tout sanglant, courut chercher îleschirurgiens: la douleur du roi commençait à être si cuisantequ’il fallut l’aider à descendre de cheval, et l’emporter dans satente. Les chirurgiens visitèrent sa plaie: ils furent d’avis delui couper la jambe. La consternation de l’armée était inex-primable. Un chirurgien, nommé Neuman, plus habile et plushardi que les autres, assura qu’en faisant de profondes inci-sions, il sauverait la jambe du roi. „Travaillez donc tout-h-l’heure, lui dit le roi; taillez hardiment; ne craignez rien."Il tenait lui-même sa jambe avec les deux mains, regardantles incisions qu’on lui faisait, comme si l’opération eût étéfaite sur un autre.
Dans le temps même qu’on lui mettait un appareil il or-donna un assaut pour le lendemain; mais à peine avait-ildonné cet ordre qu’on vint lui apprendre que toute l’arméeennemie s’avançait sur lui. Il fallut alors prendre un autreparti. Charles, blessé et incapable d’agir, se voyait entre leBorysthène et la rivière qui passe à Pultava, dans un paysdésert, sans places de sûreté, sans .munitions, vis-h-vis unearmée qui lui coupait la retraite et ies vivres. Dans cette ex-trémité il n’assembla point de conseil de guerre, comme tantde relations l’ont débité; mais la nuit du 7 au 8 de juillet illit venir le feld-maréchal Renschiid dans sa tente, et lui or-