Buch 
Histoire de Charles XII, roi de Suède : avec des notes grammaticales et un vocabulaire suffisant ; à l'usage des écoles / par Voltaire
Entstehung
Seite
94
JPEG-Download
 

94

HISTOIRE DE CHARLES XII.

reste fut laissé dans le camp avec environ trois mille hommes;quatre mille demeurèrent au bagage: de sorte que l’armée sué-doise marcha aux ennemis forte d’environ vingt un mille hom-mes, dont il y avait environ seize mille Suédois.

Les généraux Renschild, Roos, Levenhaupt, Slipenbak,Hoorn, Sparre, Hamilton, le prince de Wirtemberg, parent duroi, et quelques autres, dont la plupart avaient vu la bataillede Narva, faisaient tous souvenir les officiers subalternes decette journée où huit mille Suédois avaient détruit une arméede quatre-vingt mille Moscovites dans un camp retranché: lesofficiers le disaient aux soldats-, tous s’encourageaient enmarchant.

Le roi conduisait la marche, porté sur nn brancard à latête de son infanterie. Une partie de la cavalerie s’avançapar son ordre pour attaquer celle des ennemis; la bataillecommença par cet engagement à quatre heures et demie dumatin: la cavalerie ennemie était à l'occident, à la droite ducamp moscovite; le prince Menzikoff et le comte Golowinl’avaient disposée par intervalles entre des redoutes garnies de }canons : le général Slipenbak, à la tête des Suédois, fondit surcette cavalerie. Tous ceux qui ont servi dans les troupessuédoises savent qu’il était presque impossible de résister à lafureur de leur premier choc; les escadrons moscovites furentrompus et enfoncés: le czar accourut lui-mênie pour les ral-lier; son chapeau fut percé d’une balle de mousquet; Men-zikoff eut trois chevaux tués sous lui: les Suédois crièrentvictoire.

Charles ne douta ( M ) pas que la bataille ne fût gagnée:il avait envoyé au milieu de la nuit le général Creuts aveccinq mille cavaliers ou dragons, qui devaient prendre les en-nemis en flanc tandis qu’il les attaquerait de front; mais sonmalheur voulut que Creuts s’égarât, et ne parût point. Leczar, qui s’était cru perdu, eut le temps de rallier sa cavalerie:il fondit à son tour sur celle du roi, qui, n’étant point sou-tenue par le détachement de Creuts, fut rompue à son tour;Slipenbak même fut fait prisonnier dans cet engagement: enmême temps soixante et douze canons tiraient du camp surla cavalerie suédoise; et l’infanterie russienne, débouchant deses lignes, venait attaquer celle de Charles.

Le czar détacha alors le prince Menzikoff pour aller seposter entre Pultava et les Suédois: le çrince Menzikoff exé-cuta avec habileté et avec promptitude l'ordre de son maître;non seulement il coupa la communication entre l’armée sué-doise et les troupes restées au camp devant Pultava, mais