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ayant rencontré tin corps de réserve de trois mille hommes, ill'enveloppa et la tailla en pièces. Si Menzikoff lit cette ma-noeuvre de lui même, la Russie lui dut son salut; si le czarlui l’ordonna, il était un digne adversaire de Charles XII. Ce-pendant l’infanterie moscovite sortait de ses lignes, et s’avançaiten bataille dans la plaine: d’un autre côté la cavalerie suédoisese ralliait à un quart de lieue de l’armée ennemie; et le roi,aidé de son feld-maréchal Rensehild, ordonnait tout pour uncombat général.
Il rangea sur deux lignes ce qui lui restait de troupes,son infanterie occupant le centre, sa cavalerie les deux ailes.Le czar disposa son armée de même: il avait l’avantage dunombre et celui de soixante et douze canons, tandis que lesSuédois ne lui en opposaient que quatre, et qu’ils commen-çaient à manquer de poudre.
L’empereur moscovite était an centre de son armée, n’ayantalors que le titre de major-général, et semblait obéir au gé-néral Czermetoff; mais il allait, comme empereur, de rang enrang, monté sur un cheval turc, qui était un présent du grand-seigneur, exhortant les capitaines et les soldats, et promettantà chacun des récompenses.
A neuf heures du matin la bataille recommença: une despremières volées du canon moscovite emporta les deux chevauxdu brancard de Charles: il en fit atteler deux autres; une se-conde volée mit le brancard en pièces, et renversa le roi: devingt-quatre drabans qui se relayaient pour le porter, vingt etun furent tués. Les Suédois consternes s’ébranlèrent, et, lecanon ennemi continuant à les écraser, la première ligne sereplia sur la seconde, et la seconde s’enfuit. Ce ne fut encette dernière action qu’une ligne de dix mille hommes de l'in-fanterie russe qui mit en déroute l’armée suédoise; tant leschoses étaient changées!
Tous les écrivains suédois disent qu’ils auraient gagné labataille si on n’avait point fait de fautes; mais tous les offi-ciers prétendent que c'en était une grande de la donner, etune plus grande encore de s’enfermer dans ces pays perdus,malgré l'avis des plus sages, contre un ennemi aguerri, troisfois plus fort que Charles XII par le nombre d’hommes, etpar les ressources qui manquaient aux Suédois. Le souvenirde .Narva fut la principale cause du malheur de Charles àPultava.
.Déjà le prince de Wirtemberg, le général Rensehild, etplusieurs officiers principaux étaient prisonniers, le camp de-vant Pultava forcé, et tout dans une confusion à laquelle il