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HISTOIRE DE CHARLES XII.
La nation est née belliqueuse, et tout peuple prend in-sensiblement le génie de son roi. On ne s’entretenait d’unbout du pays à l’autre que des actions prodigieuses de Charles,de ses généraux, et des vieux corps rpii avaient combattu souseux à Narva, à la Duna, à Clissau, à Pultusk, à Hollosiii;les moindres Suédois en prenaient un esprit d’émulation et degloire: la tendresse pour leur roi, la pitié, la haine irréconci-liable contre les Danois, s’y joignirent encore. Dans bien (“)d’autres pays les paysans sont esclaves, ou traités comme tels;ceux-ci, faisant un corps dans l’état, se regardaient commedes citoyens, et se formaient des sentimens plus grands; dtsorte que ces milices devenaient en peu de temps les meilleure!troupes du nord.
Le général Steinbeck se mit par ordre de la régence àla tète de huit mille hommes d’anciennes troupes, et d’environdouze mille de ces nouvelles milices, pour aller chasser lesDanois, qui ravageaient toute la côte d’Helsinbourg, et quiétendaient péjà leurs contributions fort avant dans les terre!.
On n eut ni le temps ni les moyens de donner aux milice!des liabits d’ordonnance; la plupart de ces laboureurs vinrentvêtus de leurs sarraux de toile, ayant à leurs ceintures despistolets attachés avec des cordes. Steinbock, à la tète de cetltarmée extraordinaire, se trouva en présence des Danois à troislieues d’Helsinbourg. H voulut laisser à ses troupes quelquesjours de repos, se retrancher, et donner à scs nouveaux soldat!le temps de s’accoutumer à L’ennemi; mais tous ces paysansdemandèrent la bataille le même jour qu’ils arrivèrent.
Des officiers qui y étaient m’ont dit les avoir vus alorspresque tous écumer de colère; tant la haine nationale dosSuédois contre les Danois est extrême! Steinbock profita decette disposition des esprits qui dans un jour de bataille vautautant que la discipline militaire; on attaqua les Danois; clc’est là qu’on vit, ce dont il n’y a peut-être pas deux exemptede plus, des milices toutes nouvelles égaler dans le premiacombat l’intrépidité des vieux corps. Deux régimens' de cespaysans armés à la bâte taillèrent en pièces le régiment desgardes du roi de Danemarck, dont (“) il ne resta que dishommes.
Les Danois entièrement défaits se retirèrent sous le canond’Helsinbourg. Le trajet de Suède en Zéeland est si courtque le roi de Danemarck apprit le même jour à Copenhaguela défaite de son année en Suède; il envoya sâ flotte pourembarquer les débris de ses troupes. Les Danois quittèrentla Suède avec précipitation cinq jours après la bataille; mais