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Histoire de Charles XII, roi de Suède : avec des notes grammaticales et un vocabulaire suffisant ; à l'usage des écoles / par Voltaire
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LIVRE VI.

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esclave; mais ce n’était qu’un fantôme de ministre. Le jeunesélictar Ali Coumourgi l’éleva à ce poste glissapt, en attendantqu’il prit s’y placer lui-même, et Jnssuf, sa créature, n’eutd’autre emploi que d’apposer les sceaux de l’empire aux vo-lontés du favori. La politique de la cour ottomane paruttoute changée dès les premiers jours de ce visirat: les pléni-potentiaires du czar, qui restaient à Constantinople et commeministres et comme otages, y furent mieux traites que jamais:le grand-visir confirma avec eux la paix du Prnth; mais cequi mortifia le plus le roi de Suède ce fut d’apprendre queles liaisons sécrétés qu’on prenait à Constantinople avec leczar étaient le fruit de la médiation des ambassadeurs d’Angle-terre et de Hollande.

Constantinople, depuis la retraite de Charles à Bender,était devenue ce que Rome a été si souvent, le centre desnégociations de la chrétienté. Le comte Desaleurs, ambassa-deur de France, y appuyait les intérêts de Charles et de Sta-nislas; le ministre de l’empereur allemand les traversait: lesfactions de Suède et de Moscovie s’entrechoquaient, eomme ona vu long-temps celles de France et d’Espagne agiter la courde Rome.

L’Angleterre et la Hollande, qui paraissaient neutres, nel’étaient pas ; le nouveau commerce que le czar avait ouvertdans Pétersbourg attirait l’attention de ces deux nations com-merçantes.

Les Anglais et les Hollandais seront toujours pour leprince qui favorisera le plus leur trafic. Il y avait beaucoupa gagner avec le czar: il n’est donc pas étonnant que les mi-nistres-d’Angleterre et de Hollande le servissent (*) secrète-ment à la Porte ottomane. Une des conditions de cette nou-velle amitié fut que l’on ferait sortir incessamment Charles desterres de l’empire turc, soit que le czar espérât, se saisir desa personne sur les chemins, soit qu’il crût Charles moinsredoutable dans ses états qu’en Turquie, où il était toujourssur le point d’armer les forces ottojnanes contre l’empire desRusses.

Le roi de Suède sollicitait toujours la Porte de le ren-voyer par la Pologne avec une nombreuse armée. Le divanrésolut en effet de le renvoyer, mais avec une simple escortede sept à huit mille hommes, non plus comme un roi qu’onvoulait secourir, mais comme un hôte dont on voulait sedéfaire. Pour cet effet le sultan Achmet lui écrivit en cestermes :

CHAULES XII.

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