LIVRE VI.
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promit aisément ce qu’on voulut, et on lui permit de sauterpar la fenêtre comme les autres.
Les Suédois étant enfin maîtres de la maison, refermèrentet barricadèrent encore les fenêtres. Ils ne manquaient pointd’armes ; une chambre basse pleine de mousquets et de poudreavait échappé ( ,,J ) à la recherche tumultueuse des janissaires,on s’en servit à propos: les Suédois tiraient h travers les fe-nêtres, presque à bout portant sur cette multitude de Turcs,dont ils tuèrent deux cents en moins d’un demi-quart-d’heure.
Le canon tirait contre la maison; mais, les pierres étantfort molles, il ne faisait que des trous, et ne renversait rien.
Le kan desTartares et le hacha, qui voulaient prendre le roien vie, honteux de perdre du monde, et d’occuper une arméeentière contre soixante personnes, jugèrent à propos de mettre lefeu à la maison pour obliger le roi de se rendxe ; ils firent lancersur le toit, contre les portes et contre les fenêtres, des flèchesentortillées de mèches allumées; la maison fut en flammes enun moment; le toit tout embrasé était près de fondre sur lesSuédois. Le roi donna tranquillement ses ordres pour éteindrele feu: trouvant un petit baril plein de liqueur, il prend lebaril lui-même, et, aidé de deux Suédois, il le jette à l’endroitoh le feu était le plus violent; il se trouva que ce baril étaitrempli d’eau-de-vie; mais la précipitation, inséparable d’un telembarras, empêcha d’y penser. L’embrasement redoubla avecplus de rage: l’appartement du roi était consumé; la grandesalle où les Suédois se tenaient était remplie d’une fuméeaffreuse mêlée de tourbillons de feu qui entraient par les portesdes appartemens voisins; la moitié du toit était abîmée dansla maison même; l’autre tombait en-dehors en éclatant dansles flammes.
Un garde, nommé Walberg, osa, dans cette extrémité,crier qu’il fallait se rendre. ,,Voilà un étrange homme, dit leroi, qui s’imagine qu’il n’est pas plus beau d’être brûlé qued'être prisonnier." Un autre garde, nommé Rosen, s’avisa dedire que la maison de la chancellerie, qui n’était qu’à cinquantepas, avait un toit de pierres et était à l’épreuve du feu, qu’ilfallait faire une sortie, gagner cette maison, et s’y défendre:„Voilà un vrai Suédois," s’écria le roi: il embrassa ce garde,et te créa colonel sur-le-champ. „Allons, mes amis, dit-il,prenez avec vous le plus de poudre et de plomb que vouspourrez, et gagnons la chancellerie l’épée à la main.
Les Turcs, qui cependant entouraient cette maison toutembrasée, voyaient avec une admiration mêlée d’épouvante queles Suédois n’en sortaient point; mais leur étonnement futCIIAIU.KS xii, 10