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Histoire de Charles XII, roi de Suède : avec des notes grammaticales et un vocabulaire suffisant ; à l'usage des écoles / par Voltaire
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paraissait inaccessible <le tons côtés aux plaintes du roi deSuède.

Le marquis île Fiervilte, envoyé secrètement de la paride la France auprès de Charles à Bender, était pour lors hAndrinople. Il osa imaginer de rendre service à un princedans le temps que tout l'abandonnait ou t’opprimait. (1 futheureusement secondé dans ce dessein par un gentilhommefrançais d’une ancienne maison de Champagne, nommé deVillelongne, homme intrépide, qui, n’ayant pas alors une fortuneselon son courage, et charmé d’ailleurs de la réputation duroi de Suède, était venu chez les Turcs dans lu dessein de semettre au service de ce prince.

M. de Fierville, avec l’aide de ce jeune homme, écrivitnn mémoire au nom du roi de Suède, dans lequel ce monarquedemandait vengeance au sultan de l’insulte faite en sa per-sonne à toutes les tètes couronnées, et do la trahison vraieou fausse du tan et du hacha de Bender.

On y accusait le visir et les autres ministres d’avoir étécorrompus par les Moscovites, d’avoir trompé le grand-seigneur,d’avoir empêché les lettres du roi de parvenir jusqu’à sa hau-tesse, et d’avoir, par ses artifices, arraché du sultan cet ordresi contraire à l’hospitalité musulmane, par lequel on avaitviolé le droit des nations d’une manière si indigne d’un grandempereur, en attaquant avec vingt mille hommes un roi quin’avait pour se défendre que ses domestiques, et qui comptaitsur la parole sacrée du sultan.

Quand ce mémoire fut écrit il fallut le faire traduire enturc, et l’écrire d’une écriture particulière, sur un papier faitexprès, dont on doit se servir pour tout ce qu’on présente ausultan.

On s’adressa à quelques interprètes fiançais qui étaientdans la ville; mais les affaires du roi de Suède étaient si dés-espérées, et le visir déclaré si ouvertement contre lui, qu’aucuninterprète n’osa seulement traduire l’écrit de M. de Fierville.On trouva enfin un autre étranger, dont la main n’était pointconnue à la Porte, qui, moyennant quelque incompensé etl’assurance d’un secret profond, traduisit le mémoire eu turc,et l’écrivit sur le papier convenable: le baron d'Arvidson, offi-cier des troupes de Suède, contrefit la signature du roi; Fier-ville, qui avait le sceau royal, l’apposa à l'écrit, et on cachetale tout avec les armes de Suède. Villelongne se chargea deremettre lui-même ce paquet entre les mains du grand-seigneurlorsqu’il irait à la mosquée selon la coutume. Ôn s’était déjàservi d’une pareille voie pour présenter au sultan des. mémoires