LIVRE VII.
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st pleurant et en poussant (les huilemens, sur les coteaux voisins,
it qui étaient couverts de glace. On voyait plusieurs jeunes
e, ; gens qui portaient sur leurs épaules des vieillards paralytiques.
'S Quelques femmes nouvellement accouchées emportèrent leurs
n enfans, et moururent de froid avec eux sur la colline en regar-
is dant de loin les flammes qui consumaient leur patrie. Tous les
la habitans n’étaient pas encore sortis de la ville lorsque les
;s , Suédois y mirent le feu. Àltena brilla depuis minuit jusqu’à
il dix heures du matin: presque toutes les maisons étaient de
* bois; tout fut consumé; et il ne parut pas le lendemain qu’il
>; y eût eu une ville en cet endroit.
t- Les vieillards, les malades, et les femmes les plus délicates,
réfugiés dans les glaces pendant que leurs maisons étaient eni- feu, se traînèrent aux portes de Hambourg, et supplièrent
i, qu’on leur ouvrit et qu’on leur sauvât la vie; mais on refusa
is de les recevoir, parce qu’il régnait dans Altena quelques ma-is ladies contagieuses; et les Hambourgeois n’aimaient pas assez
i- les Altenais pour s’exposer, en les recueillant, à infeeter leur
y , propre ville. Ainsi la plupart de ces misérables expirèrent
is 3 sons les murs de Hambourg, en prenant le ciel à témoin de
à la barbarie des Suédois, et de celle des Hambourgeois, qui ne
i. paraissait pas moins inhumaine.
n Toute l’Allemagne cria contre cette violence. Les minis-
tres et les généraux de Pologne et de Danemarck écrivirent aucomte de Steinbock pour lui reprocher une cruauté si grande,:t qui, faite sans nécessité et demeurant sans excuse, soulevait
contre lui le ciel et la terre.
it Steinbock répondit ,,qu’il ne s’était porté à ces extréini-
it tés que pour apprendre aux ennemis du roi son maître à ne
s plus faire une guerre de barbares, et à respecter le droit des
;t gens; qu’ils avaient rempli la Poméranie de leurs cruautés,
e dévasté cette belle province, et vendu près de cent mille habi-
u tans aux Turcs ; que les flambeaux qui avaient mis Altena en
cendres étaient les représailles des boulets rouges par qui Stadea avait été consumée."
t C’était avec cette fureur que les Suédois et leurs ennemis
s se faisaient la guerre. Si Charles XII avait paru ( u ) alors
a ) dans la Poméranie, il est à croire qu’il eût pu recouvrer sa
, première fortune: ses armées, quoiqu’éloignées de sa présence,
3 étaient encore animées de son esprit; mais l’absence du chef
, est toujours dangereuse aux affaires, et empêche qu’on ne
profite des victoires. Steinbock perdit par les détails ce qu’ili -avait gagné par des actions signalées, qui en un autre temps
i auraient été décisives.