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HISTOIRE DK CHARLES Xll.
Tout vainqueur qu’il était il ne put empêcher les Mosco-vites, les Saxons, et les Danois, de se réunir. On lui enlevades quartiers; il perdit du monde dans plusieurs escarmouches:deux mille hommes de ses troupes noyèrent en passant l’Eiderpour aller hiverner dans le Holstein. Toutes ces pertes étaientsans ressource dans un pays où il était entouré de tous côtésd’ennemis puissans.
Il voulut défendre le pays du Holstein contre le Dane-marck; mais, malgré ses ruses et ses efforts, le pays fut perdu,toute l’armée fut détruite, et Steinbock fut prisonnier.
La Poméranie sans défense, à la réserve de Stralsund, del’île de Rugen, et de quelques lieux circonvoisins, devint laproie des alliés: elle fut séquestrée entre les mains du roi dePrusse. Les états de Brême furent remplis de garnisons da-noises. Au même temps les Russes inondaient la Finlande,et y battaient les Suédois, que la confiance abandonnait, etqui, étant inférieurs en nombre, commençaient à n’avoir plussur leurs ennemis aguerris la supériorité de la valeur.
Pour achever les malheurs de la Suède son roi s’obstinaità rester à Démotica, et se repaissait encore de l’espérance dece secours turc, sur lequel il ne devait plus compter.
Ibrahim Molla, ce visir si fier, qui s’obstinait à la guerrecontre les Moscovites malgré les vues du favori, fut étrangléentre deux portes.
La place du visir était devenue si dangereuse que personnen’osait l’occuper: elle demeura vacante pendant six mois. Enfinle favori Ali Coumourgi prit le titre de grand-visir: alors toutesles espérances du roi de Suède tombèrent. Il connaissait Cou-mourgi d’autant mieux qu’il en avait été servi quand les in-térêts de ce favori s’accordaient avec les siens.
Il avait été onze mois à Démotica enseveli dans l’inactionet dans l’oubli: cette oisiveté extrême succédant tout-h-coupaux plus violens exercices, lui avait donné enfin la maladiequ’il feignait. On le croyait mort dans toute l’Europe: leconseil de régence qu’il avait établi à Stockholm quand ilpartit de sa capitale n’entendait plus parler de lui. Le sénatvint en corps supplier la princesse ülrique Eléonore, soeur duroi, de se charger de la régence pendant cette longue ab-sence de son frère: elle l’accepta; mais quand elle vit que lesénat voulait l’obliger à faire la paix avec le czar et le roi deDanemarck qui attaquaient la Suède de tous côtés, cetteprincesse, jugeant bien que son frère ne ratifierait jamais lapaix, se démit de la régence, et envoya en Turquie un longdétaii rie cette alfaiie.