LIVRE VII.
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flatta encore davantage que celle de Moscou, parce qu'il rece-vait ces honneurs dans sa ville favorite, en lin lien où dixans auparavant il n'y avait pas une cabane, et où il voyaitalors trente-quatre mille cinq cents maisons, enlin parce qu’ilse trouvait non seulement h la tète d’une marine victorieuse,mais de la première flotte russe qu’on eût jamais vue dansla mer Baltique, et au milieu d’une nation à qui le nom deflotte n’était pas même connu avant lui.
On observa à Pétersbourg à-peu-près les mêmes céré-monies qui avaient décoré le triomphe à Moscou: le vice-amiral suédois fut le principal ornement de ce triomphe nou-veau; Pierre Alexiowitz y partit en qualité de contre-amiral;un boyard russien, nommé Komanodowski, lequel représentaitle czar dans des occasions solennelles, était assis sur un trône,ayant à ses côtés douze sénateurs. Le contre - amiral luiprésenta la relation de sa victoire, et on le déclara vice-ami-ral en considération de ses services; cérémonie bizarre, maisutile dans un pays où la subordination militaire était une desnouveautés que le czav avait introduites
L’empereur moscovite, enlin victorieux des Suédois surmer et sur terre, et ayant aidé à les chasser de la Pologne,y dominait à son tour: il s’était rendu médiateur entre larépublique et Auguste; gloire aussi flatteuse peut-être que d’yavoir fait un roi. Cet éclat et toute la fortune de Charlesavaient passé au czar: il en jouissait même plus utilementque n’avait fait son rival, car il faisait servir tous ses succèsà l’avantage de son pays: s’il prenait une ville, les principauxartisans allaient porter à Pétersbourg leur industrie; il trans-portait en Moscovie les manufactures, les arts, les sciences desprovinces conquises (”) sur la Suède; ses états s'enrichis-saient par ses victoires ; ce qui de tous les conquérans le ren-dait le plus excusable.
La Suède, au contraire, privée de presque toutes scsprovinces au-delà de la mer, n’avait plus ni commerce, niargent, ni crédit; ses vieilles troupes si redoutables avaientpéri dans (es batailles, ou de misère; plus de cent mille Sué-dois étaient esclaves dans les vastes états du czar, et presqueautant avaient été vendus aux Turcs et aux Tartares. L’es-pèce d’hommes manquait sensiblement: mais l’espérance rena-quit dès qu’on sut le roi à Stralsund.
Les impressions de respect et d'admiration pour lui,étaient encore si fortes dans l'esprit de ses sujets, que lajeunesse des campagnes se présenta en foule pour s’eniôler,