LIVRE VIII.
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la hauteur de Stockholm. Toute la Suède était en avmes surles côtes, et n’attendait que le moment de cette invasion:dans ce même temps ses troupes de terre chassaient de posteen poste les Suédois des places qu’ils possédaient encore dansla Finlande, vers le golfe de Bothnie; mais le czar ne poussapas pins loin ses entreprises.
A l’embouchure de l’Oder, fleuve c^ui partage en deux laPoméranie, et qui, après avoir coule sous Stetin, tombedans la mer Baltique, est la petite île d’Usedom: cette placeest très importante par sa situation, qui commande l’Oder àdroite et à gauche: celui qui en est le maître, l’est aussi dela navigation du fleuve. Le roi de Prusse avait délogé lesSuédois de cette île, et s’en était saisi, aussi-bien que deStetin, qu’jl gardait en séquestre; „Ie tout, disait-il, pourl’amour de la paix," les Suédois avaient repris l’île d’Usedomau mois de mai 1715: ils y avaient deux forts; l’un était lefort de la Suine, sur la branche de l’Oder qui porte ce nom ;l’autre, de plus de conséquence, était Pennamonder, surl’autre cours de la rivière. Le roi de Suède n’avait pourgarder ces deux forts et toute l’île que (leux cent cinquantesoldats poméraniens, commandés par un vieil (') officier sué-dois, nommé Kuze-Slerp, dont le nom mérite d’être con-servé.
Le roi de Prusse envoie, le 4 auguste, quinze centshommes de pied, et huit cents dragons pour débarquer dansl’île: ils arrivent et mettent pied à terre sans opposition ducôté du fort de la Suine. Le commandant suédois leur aban-donna ce fort comme le moins important; et ne pouvantpartager le peu qu’il avait de monde, il se retira dans lechâteau de Pennamonder avec sa petite troupe, résolu de sedéfendre jusqu’à la dernière extrémité.
U fallut donc l’assiéger dans les formes : on embarquepour cet effet de l’artillerie à Stetin; on renforce les troupesprussiennes de mille fantassins et de quatre cents cavaliers. Le18 auguste on ouvre la tranchée en deux endroits, et laplace est vivement battue par le canon et par les mortiers.Pendant le siège un soldat suédois, chargé en secret d’unelettre de Charles XII, trouva le moyen d’aborder dans l’îleet de s’introduire dans Pennamonder: il rendit la lettre aucommandant: elle était conçue en ces termes: ,,Ne faitesaucun feu que quand les ennemis seront au bord du fossé;défendez-vous jusqu’à la dernière goutte de votre sang. Jevous recommande à votre bonne fortune. Charles. “
Slerp, ayant vu ce billet, résolut d’obéir et de mourir,