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Histoire de Charles XII, roi de Suède : avec des notes grammaticales et un vocabulaire suffisant ; à l'usage des écoles / par Voltaire
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HISTOIRE DE CHARLES XII.

comme il lui était ordonné, pouT le service de son maître.Le 2?, au point du jour, les ennemis donnèrent l'assaut.Les assiégés, n’ayant tiré que quand ils virent les assiégeansau bord du fossé, en tuèrent un grand nombre; mais le fosséétait comblé, la brèche large, le nombre des assiégeans tropsupérieur: on entra dans le château par deux endroits à lafois. Le commandant ne songea alors qu’à vendre chèrementsa vie, et à obéir h la lettre: il abandonne les brèches paroù les ennemis entraient: il retranche près d’un bastion sapetite troupe, qui a l’audace et la fidélité de le suivre; il laplace de façon qu’elle ne peut être entourée. Les ennemiscourent à lui étonnés de ce qu’il ne demande point quartier:il se bat pendant une heure entière, et après avoir perdu lamoitié de ses soldats, il est tué enfin avec son lieutenantet son major. Alors cent soldats, qui restaient avec unseul officier, demandèrent la vie, et furent faits prisonniers.On trouva dans la poche du commandant la lettre de sonmaître, qui fut portée au roi de Prusse.

Pendant que ( 2 ) Charles perdit l’île d’Usedom et les îlesvoisines, qui furent bientôt prises, que ( 2 ) Vismar était près dese rendre, qu’il n’avait plus de flotte, que la Suède étaitmenacée, il était dans la ville de Stralsund; et cette placeétait déjà assiégée par trente-six mille hommes.

Stralsund, ville devenue fameuse en Europe par le siègequ’y soutint le roi de Suède, est la plus forte place de laPoméranie: elle est bâtie entre la mer Baltique et le lac deFranken, sur le détroit de Gella; on n’y peut arriver de terreque sur une chaussée étroite,, défendue par une citadelle etpar des retrancheinens qu’on croyait inaccessibles. Elle avaitune garnison de près de neuf mille hommes, et de plus leroi de Suède lui'-même. Les rois de Danemarck et de Prusseentreprirent ce siège avec une armée de trente - six millehommes, composée de Prussiens, de Danois, et de Saxons.

L’honneur d’assiéger Charles XII était un motif si pres-sant qu’on passa par-dessus tous les obstacles, et qu’onouvrit la tranchée la nuit du 19 au 20 octobre de cette année1715. Le roi de Suède dans le commencement du siège di-sait qu’il ne comprenait pas comment une place bien forti-fiée et munie d’une garnison suffisante pouvait être prise: cen’est pas que dans le cours de ses conquêtes passées il n’eûtpris plusieurs places, mais presque jamais par un siège régu-lier; la terreur de ses armes avait alors tout emporté: d’ail-leurs il ne jugeait pas des autres par lui-même, et n’esti-mait pas assez ses ennemis. Les assiégeans pressèrent leurs