LIVRE VIII.
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ouvrages avec une activité et des efforts qui furent secondésl>ar un hasard très singulier.
On sait que la mer Baltique n’a ni flux ni reflux. Leretranchement qui couvrait la ville, et qui était appuyé ,l„côté de l’occident à un marais impraticable, et du côté del’orient à la mer, semblait hors de toute insulte: personne n’a-vait fait attention que lorsque les vents d’occident soufflaientavec quelque violence, ils refoulaient les eaux de la mer Bal-tique vers l’orient, et ne leur laissaient que trois pieds deprofondeur vers ce retranchement, qu’on eût cru bordé d’unemer impraticable. Un soldat s’étant laissé tomber du haut duretranchement dans la mer, fut étonné de trouver fond: ilconçut que cette découverte pourrait faire sa fortune; il dé-serta, et alla au quartier du comte de Wackerbarth, généraldes troupes saxonnes, donner avis qu’on pouvait passer lamer à gué, et pénétrer sans peine au retranchement desSuédois. Le roi de Prusse ne tarda pas à profiter de l’avis.
Le lendemain donc à minuit le vent d’occident soufflantencore, le lieutenant-colonel Koppen entra dans l’eau suivide dix-huit cents hommes; deux mille s’avancaient en mêmetemps sur la chaussée qui conduisait à ce retranchement:toute l’artillerie des Prussiens tirait, et les Prussiens et lesDanois donnaient l’alarme d’un autre côté.
Les Suédois se crurent sûrs de renverser ces deux millehommes qu’ils voyaient venir si témérairement en apparencesur la chaussée; mais tout-à-coup Koppen avec ses dix-huitcents hommes entre dans le retranchment du côté de la mer:les Suédois, entourés et surpris, ne purent résister; le postefut enlevé après un grand carnage. Quelques Suédois s’en-fuirent vers la ville; les assiégeans les y poursuivirent; ilsentraient pêle-mêle avec les fuyards: deux officiers et quatresoldats saxons étaient déjà sur le pont-levis; main on eut letemps de le lever; ils furent pris, et la ville fut sauvée pourcette fois.
On trouva dans ces retranchemens vingt-quatre canons,que l’on tourna contre Stralsund. Le siège fut poussé avecl'opiniâtreté et la confiance que devait donner ce premier suc-cès ; on canonna et on bombarda la ville presque sans relâche.
Vis-à-vis Stralsund, dans la mer Baltique, est file deRugcn, qui sert de rempart à cette place, et oû la garnisonet les bourgeois auraient pu se retirer s’ils avaient eu desbarques pour les transporter. Cette île était d’une conséquenceextrême pour Charles; il voyait bien que si les ennemis enétaient les maîtres il se trouverait assiégé par terre et par