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Histoire de Charles XII, roi de Suède : avec des notes grammaticales et un vocabulaire suffisant ; à l'usage des écoles / par Voltaire
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HISTOIRE DE CHARLES XII,

marqua que de tant de princes réunis contre la Suède, George,électeur d’Hanover, roi d’Angleterre, était celui contre lequelCharles était le plus piqué, parce que ( 9 ) c’était le seul queCharles n’eut point olfensé; que George était entré dans laquerelle sous prétexte de l'apaiser, et uniquement pour gar-der Brême et Verden, auxquels il semblait n’avoir d’autredroit que de les avoir achetés à yîI prix du roi de Danemarck,h qui ils n’appartenaient pas.

Il entrevit aussi de bonne heure que le czar était secrè-tement mécontent des alliés, qui tous l’avaient empêché d’a-voir un établissement dans l’empire d’Allemagne, où ce mo-narque, devenu trop dangereux, n'aspirait qu’à mettre le pied.Vismar, la seule ville qui restât encore au Suédois sur lescôtes d’AUemagne, venait enfin de se rendre aux Prussienset aux Danois, le 14 février 1716. Ceux-ci ne voulurent passeulement souffrir que les troupes moscovites, qui étaient dansle MeclUenbourg, parussent à ce siège. De pareilles défiances,réitérées depuis deux ans, avaient aliéné l’esprit du czar, etavaient peut-être empêché la mine de la Suède. Jl y a beau-coup d'exemples d’états alliés conquis par une seule puissance;il y en a bien peu d’un grand empire conquis par plusieursalliés: si leurs forces réunies l’abattent, leurs divisions le re-lèvent bientôt.

Dès l’année 1714 le czar eut pu faire une descente enSuède; mais, soit qu’il ne s’accordât pas avec -les rois dePologne, d’Angleterre, de Danemarck, et de Prusse, alliésjustement jaloux, soit qu’il ne crut pas encore ses troupesassez aguerries pour attaquer sur ses propres foyers cettemême nation dont les seuls paysans avaient vaincu l’élite destroupes danoises, il recula toujours cette entreprise.

Ce qui l’avait arrêté encore était le besoin d’argent. Leczar était un des plus puissans monarques du monde, maisun des moins riches; ses revenus ne montaient pas alors àplus de vingt-quatre millions de nos livres. Il avait dé-couvert des mines d’or, d’argent, de fer, de cuivre; mais leprofit en était encore incertain, et le travail ruineux. Il éta-blissait un grand commerce; mais les commencemens ne luiapportaient que des espérances: ses provinces nouvellementconquises augmentaient sa puissance et sa gloire, sans accroî-tre encore ses revenus. Il fallait du temps pour fermer lesplaies de la Livonie, pays abondant, mais désolé par quinzeans de guerre, par le fer, par le feu, et par la contagion,vide d’habitans, et qui était alors à charge à son vainqueur.Les Hottes qu’il entretenait, les nouvelles entreprises qu’il