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Histoire de Charles XII, roi de Suède : avec des notes grammaticales et un vocabulaire suffisant ; à l'usage des écoles / par Voltaire
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LIVRE VIH.

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faisait tons les jours, épuisaient ses finances. Il avait étéréduit à la mauvaise ressource de hausser les monnaies; re-mède qui ne guérit jamais les maux d’un état, et qui est sur-tout préjudiciable à un pays qui reçoit des étrangers plus demarchandises qu’il ne leur en fournit.

Voilà en partie les fondemens sur lesquels Gortz bâtit ledessein d’une révolution. H osa proposer au roi de Suèded’acheter la paix de l’empereur moscovite à quelque prix quece put être, lui faisant envisager le czar irrité contre les roisde Pologne et d’Angleterre, et lui donnant à entendre quePierre Alexiowitz et Charles XII réunis pourraient faire trem-bler le reste de l’Europe.

Il n’y avait pas moyen de faire la paix avec le czar sanscéder une grande partie des provinces qui sont h l’orient et aunord de la mer Baltique; mais il lui lit considérer qu’en cé-dant ces provinces, que le czar possédait déjà, et qu’on ne pou-vait reprendre, le roi pourrait avoir la gloire de remettre àla fois Stanislas sur le trône de Pologne, de replacer le filsde Jacques II sur celui d’Angleterre, et de rétablir le duc deHolstein dans ses états.

Charles, flatté de ces grandes idées, sans pourtant ycompter beaucoup, donna carte blanche à son ministre. Gortzpartit de Suède, muni d’un plein-pouvoir qui l'autorisait àtout sans restriction, et le rendait plénipotentiaire auprès detous les princes avec qui il jugerait à propos de négocier. Illit d’abord sonder la cour de Moscou par le moyen d’unEcossais nommé Areskins, premier médecin du czar, dévouéau parti du prétendant, ainsi que l’étaient presque tous lesEcossais qui ne subsistaient pas des faveurs de la cour de Londres.

Ce médecin fit valoir au prince Menzikoff l’importance etla grandeur du projet avec toute la vivacité d’un homme quiy était intéressé. Le prince Menzikoff goûta ses ouvertures;le czar les approuva. Au lieu de descendre en Suède, commeil en était convenu avec les alliés, il fit hiverner ses troupesdans le Mecklenbourg, et il y vint lui-même sous prétextede terminer les querelles qui commençaient à naître entre leduc de Mecklenbourg et la noblesse de ce pays, mais pour-suivant en effet son dessein favori d’avoir une principauté enAllemagne, et comptant engager le duc de Mecklenbourg àlui vendre sa souveraineté.

Les alliés furent irrités de cette démarche: ils ne vou-laient point d’un voisin si terrible, qui, ayant une fois desterres en Allemagne, pourrait un jour s’en faire élire empe-reur, et en opprimer les souverains. Plus ils étaient irrités,

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