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MÉL1TE, ACTE II, SCÈNE I.
PHILANDRE.
Ainsi, chère Chloris, nos ardeurs mutuelles,Dedans cette union prenant un même cours,Nous préparent un heur qui durera toujours.Cependant, en faveur de ma longue souffrance...
CHLORIS.
Tais-toi, mon frère vient.
SCENE V.
TIRCIS, PHIL ANDRE, CHLORIS.
TIRCIS.
Si j’en crois l’apparence,Mon arrivée ici fait quelque contre-temps.
PHILANDRE.
Que t’en semble, Tircis?
TIRCIS.
Je vous vois si contents,Qu’à ne vous rien celer touchant ce qu’il me sembleDu divertissement que vous preniez ensemble,
De moins sorciers que moi pourraient bien devinerQu’un troisième ne fait que vous importuner.
CHLORIS.
Dis ce que tu voudras; nos feux n’ont pointdecrimes,Et pour t’appréhender ils sont trop légitimes,Puisqu’un hymen sacré promis ces jours passés,
Sous ton consentement, les autorise assez.
TIRCIS.
Ou je te connais mal, ou son heure tardiveTe désoblige fort de ce qu’elle n’arrive.
CHLORIS.
Ta belle humeur te tient, mon frère.
TIRCIS.
Assurément.
CHLORIS.
Le sujet?
TIRCIS.
J’en ai trop dans ton contentement.
CHLORIS.
Le cœur t’en dit d’ailleurs.
TIRCIS.
Il est vrai, je te jure;
J’ai vu je ne sais quoi...
CHLORIS.
Dis tout, je t’en conjure.
TIRCIS.
Ma foi, si ton Philandre avait vu de mes yeux,
Tes affaires, ma sœur, n’en iraient guère mieux.
CHLORIS.
J’ai trop de vanité pour croire que PhilandreTrouve encore après moi qui puisse le surprendre.
TIRCIS.
Tes vanités à part, repose-t’en sur moi
Que celle que j’ai vue est bien autre que toi.
PHILANDRE.
Parle mieux de l’objet dont mon âme est ravie ; ;
Ce blasphème à tout autre aurait coûté la vie.
TIRCIS.
Nous tomberons d’accord sans nous mettre en p pour-chloris. [pc point.
Encor, cette beauté, ne la nomme-t-on point?
TIRCIS.
Non pas si tôt. Adieu : ma présence importune iTe laisse à la merci d’amour et de la brune.
Continuez les jeux que vous avez quittés.
CHLORIS.
Ne crois pas éviter mes importunités :
Ou tu diras le nom de cette incomparable,
Ou je vais de tes pas me rendre inséparable.
TIRCIS.
Il n’est pas fort aisé d’arracher ce secret.
Adieu : ne perds point temps.
CHLORIS.
O l’amoureux discscret!Eh bien ! nous allons voir si tu sauras te taire.
PHILANDRE.
( Il retient Chloris , qui suit son frère. ) )
C'est donc ainsi qu’on quitte unamantpourunfifrère!
CHLORIS.
Philandre, avoir un peu de curiosité,
Ce n’est pas envers toi grande infidélité :
Souffre que je dérobe un moment à ma flamme, ,
Pour lire malgré lui jusqu’au fond de son âme.
Nous en rirons après ensemble, si tu veux.
PHILANDRE.
Quoi ! c’est là tout l’état que tu fais de mes feux ? ?
CHLORIS.
Je ne t’aime pas moins, pour être curieuse,
Et ta flamme à mon cœur n’est pas moins précieieuse.Conserve-moi le tien, et sois sûr de ma foi.
PHILANDRE.
Ah, folle ! qu’en t’aimant il faut souffrir de toi !
ACTE SECOND.
SCÈNE PREMIÈRE.
ÉRASTE.
Je l’avais bien prévu que ce cœur infidèleNe se défendrait point des yeux de ma cruelle,Qui traite mille amants avec mille mépris,
Et n’a point de faveurs que pour le dernier pris.Sitôt qu’il l’aborda, je lus sur son visage