j
clitandre: acte iv. scene v.
Et consumant sur lui toute sa violence,
11 m’a porté respect parmi son insolence.
Tous mes gens, écartés par un subit effroi,
Loin d’être à mon secours, ont fui d’autour de moi,Gu, déjà dispersés par l’ardeur de la chasse,
Ont dérobé leur tête à sa lière menace.
Cependant seul, à pied, je pense à tous momentsVoir le dernier débris de tous les éléments,
Dont l’obstination à se faire la guerreMet toute la nature au pouvoir du tonnerre.
Dieux, si vous témoignez par là votre courroux,
De Clitandre ou de moi lequel menacez-vous?
La perte m’est égale ; et la même tempêteQui l’aurait accablé tomberait sur ma tête.
Pour le moins, justes dieux, s’il court quelque danger,Souffrez que je le puisse avec lui partager!
J’en découvre à la fin quelque meilleur présage;L’haleine manque aux vents , et la force à l’orage ;Les éclairs, indignés d’être éteints par les eaux,
En ont tari la source et séché les ruisseaux,
Et déjà le soleil de ses rayons essuieSur ces moites rameaux le reste de la pluie ;
Au lieu du bruit affreux des foudres décochés,
Les petits oisillons , encor demi-cachés...
Mais je verrai bientôt quelques-uns de ma suite ;
Je lejugeàce bruit.
SCÈNE IV.
FLORIDAN, PYMANTE, DOR1SE.
pymante saisit Dorise qui le fuyait.
Enfin, malgré ta fuite,
j Je te retiens, barbare.
J DORISE.
Hélas !
PYMANTE.
Songe à mourir;
Tout l’univers ici ne te peut secourir.
FLORIDAN.
L’égorger à ma vue ! ô l’indigne spectacle!
Sus, sus, à ce brigand opposons un obstacle.
Arrête, scélérat!
PYMANTE.
Téméraire, où vas-tu?
FLORIDAN.
Sauver ce gentilhomme à tes pieds abattu.
dorise , à Pymante.
Traître, n’avance pas ; c’est le prince.pymante, tenant Dorise d'une main, et se battantde l’autre.
JN’importe ;
, 11 m’oblige à sa mort, m’ayant vu de la sorte.
FLORIDAN.
' Est-ce là le respect que tu dois à mon rang ?
PYMANTE.
Je ne connais ici ni qualité ni sang.
Quelque respect ailleurs que ta naissance obtienne,Pour assurer ma vie, il faut perdre la tienne.
DORISE.
S’il me demeure encor quelque peu de vigueur,
Si mon débile bras ne dédit point mon cœur,J’arrêterai le tien.
PYMANTE.
Que fais-tu, misérable?
DORISE.
Je détourne le coup d’un forfait exécrable.
PYMANTE.
Avec ces vains efforts crois-tu m’en empêcher?
FLORIDAN.
Par une heureuse adresse il l’a fait trébucher.Assassin, rends l’épée.
SCÈNE V.
FLORIDAN, PYMANTE, DORISE, trois ve-neurs , portant en leurs mains les vrais habitsde Pymante, Ly caste et Dorise.
premier veneur.
Écoute, il est fort proche ;C’est sa voix qui résonne au creux de cette roche,
Et c’est lui que tantôt nous avions entendu.floridan désarme Pymante , et en donne l’épée àgarder à Dorise.
Prends ce fer en ta main.
PYMANTE.
Ah deux ! je suis perdu.
SECOND VENEUR.
Oui, je le vois. Seigneur, quelle aventure étrange,Quel malheureux destin en cet état vous range ?
FLORIDAN.
Garrottez ce maraud ; les couples de vos chiensVous y pourront servir, faute d’autres liens.
Je veux qu’à mon retour une prompte justiceLui fasse ressentir par l’éclat d’un supplice,
Sans armer contre lui que les lois de l’État,
Que m’attaquer n’est pas un léger attentat :
Sachez que, s’il échappe, il y va de vos têtes.
PREMIER VENEUR.
Si nous manquons, seigneur, les voilà toutes prêtes.Admirez cependant le foudre et ses efforts,
Qui dans cette forêt ont consumé trois corps ;
En voici les habits, qui, sans aucun dommage,Semblent avoir bravé la fureur de l’orage.
FLORIDAN.
Tu montres à mes yeux de merveilleux effets.
DORISE.
Mais des marques plutôt de merveilleux forfaits.
i